Non classé·Octobre

La Belle Vie

15 octobre

Malgré les 80 kilomètres qui me séparent de chez mon frère, j’ai envie de le faire en une journée, j’ai envie d’arriver. Alors je me lance dans cette journée, qui commence sous la pluie. Je fais le choix de prendre la grande route, c’est certes plus dangeureux mais plus rapide. Mais très vite je me retrouve de nouveau sur une route à 130 km/h, alors je sors, sur un chemin de terre qui laisse à désirer, qui à des flaques très profondes, où l’eau atteint les pédales… Je change de route, je vais donc faire un grand détour, tant pis, je préfère malgré tout protéger mon vélo, et me mette en sécurité. La pluie est toujours présente, avec le vent, c’est dur d’avancer. A 12h, j’ai déjà 60 kilomètres dans les jambes et pourtant, je n’ai pas fait la moitié du chemin… Mais je persévère, je veux y arriver. Pour arriver à Rochefort, il n’existe qu’un pont, un pont sur une grande roue, un très grand pont, ceux pour les crues, qui montent très haut et qui sont très long… Mais je réussis l’épreuve, l’envie d’y arriver est plus forte. Arrivée à Rochefort, je sais qu’il me reste encore 50 km, j’en avais déjà fait 60, j’ai soudain eu peur, peur de ne pas aller jusqu’au bout, mais je m’y accroche. Je veux retrouver la voie verte, alors je tourne, je fais une première fois le tour de la ville pour me rendre compte que c’était à l’entrée de la ville, alors je fais demi-tour… Pour alors me retrouver devant une voie sans issue, sans trace de voie verte. Je n’ai plus de gps, car Google Maps ne veut plus s’ouvrir… Je ne sais plus où il faut que que j’aille, je ne sais plus quoi faire… Alors, je craque, je fonds en larme. Je craque, je veux abandonner. Je craque… Je perds toute motivation. Durant près de 30 min, je reste comme ça, au milieu de la route, sur mon vélo à pleurer… J’hésite à appeler quelqu’un, mais je n’ai pas envie de pleurer au téléphone alors j’attends que ma crise de larme passe. J’arrive enfin à me ressaisir, alors j’essaie de trouver une solution pour enfin rejoindre la voie verte. Je regarde les photos prises sur un livre de carte des voies vertes de France. Il n’est pas réellement précis, sans réellement d’indication avec peu de nom et pas toute les routes… Mais mon regard est attirée par un nom, un des rares sur la carte « La Belle Judith », la voie verte passe à côté, il faut que je trouve ce quartier, alors je demande à toute les personnes croisées sur mon chemin, une dame m’indique la route. Je m’y lance, je me raccroche de tout coeur a cet espoir. Je trouve enfin la voie verte, et là surprise, le panneau m’indique La Rochelle « que » à 30 km. Il est 16 heure, je sais alors que c’est faisable. Je peux le faire, en tout cas j’ai l’envie. Alors j’accélère mon rythme, mais le vent à raison de moi, je ralentis donc, mais je ne baisse pas les bras. En chemin, je rencontre tellement de personnes passionnées par mon voyage, c’est la première fois que l’on m’interpelle autant, mais c’est tellement agréable que je m’arrête pour discuter. Il y a même un monsieur qui regrette que je dorme chez mon frère, il était près à m’accueillir chez lui, à ce moment là, j’hésite à accepter mais je sais que je vais aller au bout, j’y suis presque. Je reçois un message de mon frère me disant que le couscous et la cheminée m’attendent. Je suis au anges, cela me donne plus de force encore. Avec mes pauses, les discussions, le vent qui m’a fait tomber plusieurs fois à cause des rafales, j’ai pris du retard. Mais arrivée sur La Rochelle, je crois d’une boulangerie ouverte, c’est un signe, je m’arrête pour acheter un dessert. En installant le gâteau sur mon porte bagage arrière, je me rends compte qu’il bouge énormément, je ne sais pas comment il a fait pour tenir. Alors je finis à pied, pour soutenir mon porte bagage (et le gâteau). Arrivée là-bas, c’est la fierté et la joie de retrouver mon frère et mes nièces qui m’attendent. Je suis accueillie comme une reine. Je sais que je vais rester au moins une semaine dans cette maison du paradis. Alors me voilà en vacances et je compte bien en profiter.

Au final, j’ai fait 96 kilomètres, un exploit que mon corps me rappelle aujourd’hui !

Bien à toi

2 commentaires sur “La Belle Vie

  1. Bonjour Zoé,
    Que d’émotions fortes vécues pour toi, et que d’émotions à te lire ! Je suis tes aventures avec attention, tu es une femme très courageuse et je t’admire de te confronter ainsi à tes propres limites. Je te souhaite de bonnes vacances chez ton frère !

    Aimé par 1 personne

    1. Merci beaucoup !!! Cela me touche tellement !! Je ne sais pas si c’est vraiment être courageux que de faire ce que je vie, mais je sais que c’est ce que j’aime. Merci, et ne t’en fais pas, je pense bien profiter au maximum de mes vacances.
      Merci pour tout !

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