Non classé·Pas à pas

La Date Approche

Les départs ne comptent pas, seuls les retours méritent une larme.” Christian Mistral


La date du départ approche, j’ai tellement hâte mais aussi, je suis totalement paniquée. Je stresse et mon corps me le fait bien sentir… Ça va faire 3 jours que je ne peux plus manger correctement, j’ai tellement peur que je crispe ma mâchoire à tel point que j’ai très mal lorsque je mâche, même pour du saucisson, imagines le désastre !
Tout est prêt et prévu pour le grand jour, je pars le 15 septembre, en direction de Montpellier, où je vais rejoindre ma compagne de voyage. Ensuite, ensemble nous allons faire le choix de notre première destination, et voir au mieux notre organisation qui pour le moment n’est que peu défini.

Eyota (mon vélo) est enfin chargée, il ne lui manque que quelques détails, mais rien d’élémentaire.

Je ressens le départ, tout le monde me fait ses « adieux », tou.te.s me disent de faire attention, certain.e.s pleurent, d’autres m’ordonnent de donner des nouvelles, je n’aime pas vraiment cette période… J’ai l’impression de les abandonner et ça me brise le cœur, mais j’ai tellement hâte de prendre le large que parfois tout ceci me passe au dessus.

Bientôt je te montrerais Eyota chargée. Pour le moment cela m’est compliqué, c’est vraiment concrétiser encore plus ce projet, et j’ai peur !

Bien à toi

Non classé·Pas à pas

L’Evénement Declancheur

La violence verbale est la première étape de la violence générale contre les femmes.”
Isabelle Alonso

Aujourd’hui je vais vous parlez de ce qui m’a donné de courage de concrétiser ce projet. Depuis déjà bien des années, ce rêve est là, il me suit et je savais qu’un jour j’allais le mettre à exécution. Mais je repoussais toujours la date butoir, au début, c’était une fois que j’aurai mon bac, puis une fois que j’aurai assez d’argent, puis une fois que j’aurai mon master.

J’avais envie de le réaliser, mais ça me terrifiée tellement que je trouvais des excuses pour ne pas aller jusqu’au bout. Mais cette année tout à changeait, je ne supportais plus les cours, y aller était un vrai calvaire, je ne me voyais pas continuer un an encore. Je veux mon master, car je sais que je veux devenir psychologue, mais une pause ne me fera que du bien. Ce n’est pourtant pas ce raz le bol qui m’a poussé à le lancer, il y eu un évènement qui a accéléré les choses, un évènement qui m’a tellement travaillé qu’il a tout précipité !

C’était un soir de semaine, où rien ne sortait réellement de l’ordinaire, je rentrais en tramway de l’aide au devoir, que je donnais à des enfants de quartier, et je me suis faite agressée. Une agression presque banale, je dirais. Un groupe de jeune qui avaient bien trop bu sont rentrés dans la rame. J’étais un peu isolée dans la rame, ils ont commencé à me draguer, puis m’insulter, puis à faire des choses obscènes avec leur corps, et à essayer de mettre leurs mains sur moi !

J’étais terrifiée, bref plus de peur que de mal, ce n’est pas aller plus loin, mais j’ai été sous le choc durant un certain temps. Puis j’ai pris conscience que si je pouvais me faire agresser dans mon petit quotidien, ce n’est donc pas plus dangereux de se lancer dans un projet fou. Pourquoi se refuser de partir par peur de subir de la violence si l’on peut se faire malgré tout harceler dans un quotidien tout ce qu’il y a de plus banal.

Cette agression a donc beaucoup chamboulé ma vie, déjà c’était la première fois que j’étais réellement confronté à de la violence gratuite et puis elle m’a prouvé que où que l’on soit et quelque soit la vie que l’on mène, il y a des danger, alors pourquoi s’empêcher de vivre comme l’on souhaite, pour une peur qui n’a donc pas lieu d’être !?

Bien à toi

Non classé·Pas à pas

La Chance

« La vie est une chance, saisis-là »
Mère Teresa

Beaucoup me dise chanceuse de me lancer ainsi, corps et âme dans un projet qui me tient à coeur, chanceuse de pouvoir avoir les moyens de me lancer dans ce périple, chanceuse de pouvoir me permettre de partir un an « sans rien faire de ma vie » et surtout chanceuse d’avoir le courage de me lancer !

Aujourd’hui j’ai envie de te dire que tout cela n’a rien à voir avec de la chance. Non c’est faux il y a une grande partie de la chance, celle d’être née en France, ma mère n’a pas besoin que je rapporte de l’argent pour subvenir à ses besoins, j’ai des amis, une famille qui m’écoute, même s’ils ne sont pas tous d’accord avec ce projet, et j’ai surtout de la chance de n’avoir pas eu besoin de prêt pour mes 3 premières années d’étude. J’ai cette chance là, et ça de plus en plus je remercie le ciel de connaître cette chance. Pour le reste il n’y a aucune chance, je prends juste le culot de le faire. Je n’ai aucune ressource financière, si ce n’est l’argent que je me suis fait en travaillant l’été et les week-ends, que je mettais de côté depuis 3 ans, ne m’autorisant que peu de folie. Malgré le fait de m’être serré ma ceinture, ce n’est pas un gros pactole, mais mon projet peut suivre mon budget si je ne dépasse pas les 5€ par jour, j’ai confiance, je peux y arriver ! Mon matériel je l’ai acquis peu à peu, je n’ai investi que dans très peu de chose, j’ai surtout beaucoup récupéré à droite et à gauche. Le courage de me lancer, je ne l’ai pas vraiment, si tu savais le nombre de nuit que j’ai passé à regretter de n’avoir postulé à aucun master, où je n’arrive pas à dormir, terrifiée à l’idée de concrétiser ce rêve, mais ces nuits ne sont rien contrairement à celle où j’imagine ce voyage, et surtout à tout ces moments où je construis peu à peu mon projet.

Je ne me définis pas comme une chanceuse, pour le moment j’ai plus l’impression d’être une inconsciente qui se lance les yeux fermés et les mains liées du haut d’une falaise. Je suis pétrifiée, mais j’ai l’espoir que la corde qui me retient sera assez solide pour résister au choc. Et si par malheur cette corde viendrait à céder, je sais qu’il y a toujours des cordes de sécurité, celles qui viennent de mon entourage.

Oui je suis chanceuse de pouvoir me donner les moyens de faire ce rêve, mais je suis persuadée que tu as aussi au fond de toi les moyens pour réaliser tes rêves, même les plus fous, fermes les yeux, ne réfléchis plus et saute. Le plus dur c’est de se mettre en action, si la chute est trop douloureuse, remets toi entre les mains de l’humanité des personnes, parce que je suis persuadée que si l’on demande, de l’aide peut nous être fournit, et qu’avec de l’envie, tout est possible !

Bien à toi