Décembre

Le Retour…

Je sais qu’il y a bien longtemps que je ne t’ai pas donné de nouvelles, pendant que j’étais en voyage, je n’avais plus envie de partager, je voulais garder bien au chaud dans mon cœur tout ce que je vivais.

Ça va faire 3 semaines que je suis de retour chez ma maman et voilà un petit bilan de ces presque 3 mois de voyage et des nouvelles de ma petite personne. Durant mon voyage j’ai beaucoup appris à me faire confiance, à faire un choix quand plusieurs alternatives me plaisent. J’ai aussi bien apprit a faire confiance à l’autre, tel qu’il soit, maintenant je sais que je peux m’en remettre entièrement à lui, dans la grande majorité des situations, on s’en sort au mieux. J’ai découvert une face de l’humanité qui m’était encore inconnue, une face bienveillante et humaine, une face joyeuse et pleine d’espoir, l’Homme est bon, mais l’humanité le sali… J’ai aussi comprit l’importance de l’entourage, la chance que j’ai de ne jamais être seule, la chance de pouvoir appeler quelqu’un à n’importe quel heure quand ça ne va pas, la chance de pouvoir profiter d’un dimanche fait entièrement de jeux de société. J’ai découvert qu’aujourd’hui je n’ai pas les mots pour raconter mon aventure, que les émotions m’empêchent de bien la raconter, que mon coeur bat à la chamade quand j’aborde ce sujet, alors pour le moment, je garde en moi ces souvenirs, j’évite le sujet, c’est encore trop présent, mais je sais qu’un jour je pourrais en parler. J’ai consolider mon envie d’être utile, d’aider les personnes que je rencontre, c’est un défaut de mon voyage, il est égoïste et je ne viens en aide à personne… Mais bon pour le moment j’en profite. Ai-je répondu à mes questions sur mon avenir ? Non, je ne sais plus bien si psy m’attire réellement comme métiers mais une autre idée a germée, une idée absurde, que je garde pour moi pour le moment, car pas assez concret, réalisable, ou envisageable mais peut être qu’un jour je me lancerais.
Alors est-ce que je vais me relancer dans mon aventure, bien sûr ! Mais avant objectif permis, je ne pars pas tant que je ne l’ai pas, sinon je sais que jamais je ne serais assez motivée pour le passer.
Je vais sous peu devenir directrice de séjour adapté pour personnes handicapées mentales, et le permis va vite être essentiel, si ce n’est juste en cas d’urgence…. J’ai la joie au cœur, c’est bientôt Noël, fête que je porte fort dans mon coeur, mon père est décédé juste après Noël il y a déjà quelques années, et pour moi la fêter comme il se doit, c’est lui rendre honneur, c’est une manière de fêter en sa mémoire. Depuis toute petite chaque année, nous fabriquons une crèche avec un thème particulier, cette année nous avons imaginé que Jésus naissait dans l’espace, chez des extraterrestres, thème que de nombreux catholiques definiraient comme blasphématoire mais pour nous, c’est notre façon à nous de vivre notre Foi.
Dernière nouvelle, je vais bientôt (enfin) avoir ma propre part dans ma maison. C’est compliqué à expliquer mais nous habitons une grande ferme pour il y a la maison principale où ma mère vit et où j’ai ma chambre, un studio où ma soeur et son mari vivent, et un logement qui était en location. Mais bientôt ma soeur et son mari vont s’installer dans la location et je vais avoir le studio, ça me fait tout drôle de me dire que je ne vais plus habiter avec ma mère, mais que je vais avoir mon logement à moi. Mais j’ai tellement hâte aussi.
Bien à toi ! Et surtout merveilleuses fêtes.

Non classé·Octobre

La Belle Vie

15 octobre

Malgré les 80 kilomètres qui me séparent de chez mon frère, j’ai envie de le faire en une journée, j’ai envie d’arriver. Alors je me lance dans cette journée, qui commence sous la pluie. Je fais le choix de prendre la grande route, c’est certes plus dangeureux mais plus rapide. Mais très vite je me retrouve de nouveau sur une route à 130 km/h, alors je sors, sur un chemin de terre qui laisse à désirer, qui à des flaques très profondes, où l’eau atteint les pédales… Je change de route, je vais donc faire un grand détour, tant pis, je préfère malgré tout protéger mon vélo, et me mette en sécurité. La pluie est toujours présente, avec le vent, c’est dur d’avancer. A 12h, j’ai déjà 60 kilomètres dans les jambes et pourtant, je n’ai pas fait la moitié du chemin… Mais je persévère, je veux y arriver. Pour arriver à Rochefort, il n’existe qu’un pont, un pont sur une grande roue, un très grand pont, ceux pour les crues, qui montent très haut et qui sont très long… Mais je réussis l’épreuve, l’envie d’y arriver est plus forte. Arrivée à Rochefort, je sais qu’il me reste encore 50 km, j’en avais déjà fait 60, j’ai soudain eu peur, peur de ne pas aller jusqu’au bout, mais je m’y accroche. Je veux retrouver la voie verte, alors je tourne, je fais une première fois le tour de la ville pour me rendre compte que c’était à l’entrée de la ville, alors je fais demi-tour… Pour alors me retrouver devant une voie sans issue, sans trace de voie verte. Je n’ai plus de gps, car Google Maps ne veut plus s’ouvrir… Je ne sais plus où il faut que que j’aille, je ne sais plus quoi faire… Alors, je craque, je fonds en larme. Je craque, je veux abandonner. Je craque… Je perds toute motivation. Durant près de 30 min, je reste comme ça, au milieu de la route, sur mon vélo à pleurer… J’hésite à appeler quelqu’un, mais je n’ai pas envie de pleurer au téléphone alors j’attends que ma crise de larme passe. J’arrive enfin à me ressaisir, alors j’essaie de trouver une solution pour enfin rejoindre la voie verte. Je regarde les photos prises sur un livre de carte des voies vertes de France. Il n’est pas réellement précis, sans réellement d’indication avec peu de nom et pas toute les routes… Mais mon regard est attirée par un nom, un des rares sur la carte « La Belle Judith », la voie verte passe à côté, il faut que je trouve ce quartier, alors je demande à toute les personnes croisées sur mon chemin, une dame m’indique la route. Je m’y lance, je me raccroche de tout coeur a cet espoir. Je trouve enfin la voie verte, et là surprise, le panneau m’indique La Rochelle « que » à 30 km. Il est 16 heure, je sais alors que c’est faisable. Je peux le faire, en tout cas j’ai l’envie. Alors j’accélère mon rythme, mais le vent à raison de moi, je ralentis donc, mais je ne baisse pas les bras. En chemin, je rencontre tellement de personnes passionnées par mon voyage, c’est la première fois que l’on m’interpelle autant, mais c’est tellement agréable que je m’arrête pour discuter. Il y a même un monsieur qui regrette que je dorme chez mon frère, il était près à m’accueillir chez lui, à ce moment là, j’hésite à accepter mais je sais que je vais aller au bout, j’y suis presque. Je reçois un message de mon frère me disant que le couscous et la cheminée m’attendent. Je suis au anges, cela me donne plus de force encore. Avec mes pauses, les discussions, le vent qui m’a fait tomber plusieurs fois à cause des rafales, j’ai pris du retard. Mais arrivée sur La Rochelle, je crois d’une boulangerie ouverte, c’est un signe, je m’arrête pour acheter un dessert. En installant le gâteau sur mon porte bagage arrière, je me rends compte qu’il bouge énormément, je ne sais pas comment il a fait pour tenir. Alors je finis à pied, pour soutenir mon porte bagage (et le gâteau). Arrivée là-bas, c’est la fierté et la joie de retrouver mon frère et mes nièces qui m’attendent. Je suis accueillie comme une reine. Je sais que je vais rester au moins une semaine dans cette maison du paradis. Alors me voilà en vacances et je compte bien en profiter.

Au final, j’ai fait 96 kilomètres, un exploit que mon corps me rappelle aujourd’hui !

Bien à toi