Mes ressentis

Lettre à Eyota

Je suis enfin prêt. J’enfourche mon vélo. Je fonce. Le vent me renifle. J’ai 10 ans. Le présent est un cadeau somptueux.
Parfums – Philippe Claude

Aujourd’hui j’ai envie de te parler, à toi, Eyota, « Yoyo » pour les intimes, toi qui me porte au quotidien, toi contre qui je m’énerve quand rien ne va plus, toi que je cajole quand je suis heureuse de ma journée, toi que je sollicite bien souvent trop, toi que parfois je néglige, et qui sait me le rappeler, toi qui est devenue par défaut ma seule compagne de voyage, toi qui est la seule à vivre ce que je vie, toi qui sais tout de moi. C’est bien trop souvent toi qui endure ma colère, je te lance par terre, sans douceur, je te laisse t’effondrais quand tu n’y mets pas du tien, je te néglige lorsque je suis fatiguée, je te menace de t’abandonner quand tu ne m’aides pas, je te malmène par certains chemins, je te charge d’un poid bien trop considérable pour tes petites roues. Je ne prends jamais assez de temps pour prendre soin de toi, car oui, il t’arrive d’avoir tes humeurs, de ne plus vouloir tenir droite, me forçant à te soulever, toi et ta charge à bout de bras, il t’arrive de casser, de céder sous le poid de l’effort, de crever, de grincer pour je ne sais qu’elle raison, il t’arrive de dire stop, de bloquer ta roue, ou ton frein quand tu faiblis, c’est alors que je m’énerve contre toi… Mais j’ai tord, je devrais plutôt m’en prendre à moi, c’est moi qui te malmène ainsi, c’est moi qui ne prends pas soin de toi, c’est moi aussi qui n’écoute pas assez tes plaintes, car avant de lâcher, bien souvent tu me le dis, tu grinces, tu bloques, tu cliquetiques, tu as de multiples moyens de me faire comprendre que tu as besoin de soin, mais bien souvent, je les ignore, et reste sourdes à tes appels. Dans tout ça, je ne te remercie que très peu, je ne prends que peu de temps pour te faire briller, t’huiler, t’enlever la saleté, te resserrer les vis, et vérifier que tu ne fatigues pas, toi non plus des longues journées. Alors aujourd’hui j’ai envie de te remercier, pour toutes ces descentes où je me laisse porter par tes roues, pour ces jours où tu résistes à tout, sans faiblir une seule fois, pour ta selle qui s’accomode de plus en plus à mon fessier, pour tes roues qui tiennent bien plus le coup que ce que j’aurais pu penser, pour ta béquille, malgré son manque de fiabilité, elle t’aide parfois à te tenir droite, m’évitant ainsi l’effort de te relever.

Je te promet que je vais essayer de faire des efforts pour prendre bien plus soin de toi, je sais que je ne suis pas parfaite, mais je fais tout pour m’améliorer, pour essayer de voir en toi plus de positif, te remercier plus pour tout ce que tu m’apportes au quotidien.

Il parait qu’un cycliste rêve toujours du prochain vélo qu’il acquierera, plus puissant, plus solide… Moi je ne veux pas te changer, si un jour je dois faire le tour du monde à vélo, je veux que ce soir avec toi.

Merci Eyota, pour tout ce que tu m’apportes au quotidien et pardon pour toutes ces fois où je te maltraite. Je veux que ce soit toi, la femme de ma vie.

Bien à toi

Non classé·Octobre

La Belle Vie

15 octobre

Malgré les 80 kilomètres qui me séparent de chez mon frère, j’ai envie de le faire en une journée, j’ai envie d’arriver. Alors je me lance dans cette journée, qui commence sous la pluie. Je fais le choix de prendre la grande route, c’est certes plus dangeureux mais plus rapide. Mais très vite je me retrouve de nouveau sur une route à 130 km/h, alors je sors, sur un chemin de terre qui laisse à désirer, qui à des flaques très profondes, où l’eau atteint les pédales… Je change de route, je vais donc faire un grand détour, tant pis, je préfère malgré tout protéger mon vélo, et me mette en sécurité. La pluie est toujours présente, avec le vent, c’est dur d’avancer. A 12h, j’ai déjà 60 kilomètres dans les jambes et pourtant, je n’ai pas fait la moitié du chemin… Mais je persévère, je veux y arriver. Pour arriver à Rochefort, il n’existe qu’un pont, un pont sur une grande roue, un très grand pont, ceux pour les crues, qui montent très haut et qui sont très long… Mais je réussis l’épreuve, l’envie d’y arriver est plus forte. Arrivée à Rochefort, je sais qu’il me reste encore 50 km, j’en avais déjà fait 60, j’ai soudain eu peur, peur de ne pas aller jusqu’au bout, mais je m’y accroche. Je veux retrouver la voie verte, alors je tourne, je fais une première fois le tour de la ville pour me rendre compte que c’était à l’entrée de la ville, alors je fais demi-tour… Pour alors me retrouver devant une voie sans issue, sans trace de voie verte. Je n’ai plus de gps, car Google Maps ne veut plus s’ouvrir… Je ne sais plus où il faut que que j’aille, je ne sais plus quoi faire… Alors, je craque, je fonds en larme. Je craque, je veux abandonner. Je craque… Je perds toute motivation. Durant près de 30 min, je reste comme ça, au milieu de la route, sur mon vélo à pleurer… J’hésite à appeler quelqu’un, mais je n’ai pas envie de pleurer au téléphone alors j’attends que ma crise de larme passe. J’arrive enfin à me ressaisir, alors j’essaie de trouver une solution pour enfin rejoindre la voie verte. Je regarde les photos prises sur un livre de carte des voies vertes de France. Il n’est pas réellement précis, sans réellement d’indication avec peu de nom et pas toute les routes… Mais mon regard est attirée par un nom, un des rares sur la carte « La Belle Judith », la voie verte passe à côté, il faut que je trouve ce quartier, alors je demande à toute les personnes croisées sur mon chemin, une dame m’indique la route. Je m’y lance, je me raccroche de tout coeur a cet espoir. Je trouve enfin la voie verte, et là surprise, le panneau m’indique La Rochelle « que » à 30 km. Il est 16 heure, je sais alors que c’est faisable. Je peux le faire, en tout cas j’ai l’envie. Alors j’accélère mon rythme, mais le vent à raison de moi, je ralentis donc, mais je ne baisse pas les bras. En chemin, je rencontre tellement de personnes passionnées par mon voyage, c’est la première fois que l’on m’interpelle autant, mais c’est tellement agréable que je m’arrête pour discuter. Il y a même un monsieur qui regrette que je dorme chez mon frère, il était près à m’accueillir chez lui, à ce moment là, j’hésite à accepter mais je sais que je vais aller au bout, j’y suis presque. Je reçois un message de mon frère me disant que le couscous et la cheminée m’attendent. Je suis au anges, cela me donne plus de force encore. Avec mes pauses, les discussions, le vent qui m’a fait tomber plusieurs fois à cause des rafales, j’ai pris du retard. Mais arrivée sur La Rochelle, je crois d’une boulangerie ouverte, c’est un signe, je m’arrête pour acheter un dessert. En installant le gâteau sur mon porte bagage arrière, je me rends compte qu’il bouge énormément, je ne sais pas comment il a fait pour tenir. Alors je finis à pied, pour soutenir mon porte bagage (et le gâteau). Arrivée là-bas, c’est la fierté et la joie de retrouver mon frère et mes nièces qui m’attendent. Je suis accueillie comme une reine. Je sais que je vais rester au moins une semaine dans cette maison du paradis. Alors me voilà en vacances et je compte bien en profiter.

Au final, j’ai fait 96 kilomètres, un exploit que mon corps me rappelle aujourd’hui !

Bien à toi

Non classé·Octobre

Que Dire ?

10 Octobre

Je me suis (enfin) éloignée du canal,c’était très beau comme paysage, j’ai adoré voir les écluses et parler à chaque bateau de croisière, mais après 2 semaines à le longer, c’était lassant. Bon je retombe vite à la réalité, il y a de nouveau des descentes, mais surtout des montées. Me voilà au beau milieu d’un col, je désespère un peu, j’admets qu’à un virage, lorsque j’ai constaté que c’était encore de la montée, j’ai fondu en larme, c’était bête et inutile, mais la fatigue physique se fait ressentir, d’autant plus que je me trimballe avec 2 tentes, et un peu trop de choses inutiles que je compte laisser chez mon frère, car je dois bien porter plus de 25 kilos je dirais… Me ressaisissant, je repars de plus belle, je me suis dis que j’allais jusqu’à Bordeaux aujourd’hui, j’y serais…. En chemin, un monsieur (assez âgé) me propose de goûter son rosé pamplemousse »le meilleur de tout les temps, car c’est moi qui le fait », comment refuser ? Me voilà à goûter son vin, qui est ma foi, pas mauvais du tout. J’apprécie cette compagnie, j’apprécie d’avoir enfin une vrai discussion avec quelqu’un, et j’apprécie vraiment cet homme, Jean-Paul (et son vin aussi !!). Il a rendez-vous alors notre rencontre s’arrête là, mais le souvenir perdure, et le mal de tête me rappelle cette rencontre, je n’ai vraiment pas l’habitude de boire, encore moins à jeun ni lorsque le soleil tape. Je me remets en chemin, j’ai un objectif à atteindre ! A 19h, il me reste encore presque 2 heures de route pour arriver à cette ville. J’appelle ma meilleure amie, je m’inquiète un peu, une fois à Bordeaux, je dormirais où ? Se sera trop tard pour demander l’hébergement, alors je lui demande de chercher un camping, qu’elle ne trouve malheureusement pas, elle trouve un hôtel peu cher, mais que je n’arrive pas à joindre… Tant pis, ce ne sera pas à Bordeaux que je dormirais, mais en camping sauvage, dans un endroit plein d’orties, et de trou, ma tente est mal placée, je dormirais donc les fesses dans une ornière, mon dos me le rappellera régulièrement durant le lendemain.

11 octobre

Aujourd’hui, c’est mon premier mois de voyage, ça fait un mois que je vie ainsi, et il est vrai que là, maintenant, je ne regrette pas de mettre lancée. J’arrive alors de bon matin à Bordeaux, enfin j’y suis. J’ai mal dormit, j’ai eu très froid, et j’ai très mal au dos… Mais je suis à Bordeaux !! Je ne rentre pas dans la ville car il y a trop de voiture, j’ai peur de ne pas être assez attentive, être en ville à vélo ne m’a pas laissé que de bonnes expériences à Lyon, alors tant pis, je poursuis ma route sans voir cette ville tant désirée. Je croise un couple de cycliste sur le bort de la route, qui a un vélo retourné à côté d’eux, je demande s’ils ont besoin d’aide. La madame répond qu’ils cherchent désespérément une pompe, je leur propose la mienne. Je sais que je n’ai pas fait grand chose et pourtant dans leurs regards, j’étais là sauveuse du jour.

Le reste de la journée est calme, je me pose dans un petit camping pour respecter mon contrat, je viens de passer une « ville-étape » alors j’ai le droit à ce petit plaisir, et j’en suis ravie.

12 Octobre

Nuit très agitée, à partir de 2h, je n’ai pas pu refermer l’oeil de la nuit, aucune idée de la cause. Alors c’est de mauvaise humeur que je remonte à vélo. Je me dis que ça doit être une journée courte. En chemin, je croise un homme, âgé qui m’interrompt dans ma course, il veut en savoir plus, tout en me laissant que peu de temps pour parler. De la rue il hurle à sa femme qu’il faut qu’elle vienne (et hurler est un terme bien faible comparé aux cris du monsieur). Elle aussi se passionne de mon voyage, tout en me parlant de ce qu’elle a lu/vu. La discussion se tasse, ils me souhaitent une bonne continuation et un bon voyage. J’enfourche de nouveau ma monture et appuis sur la pédale. A ce moment-là j’entends « Ça te dis un petit billet ? », n’étant pas certaine de ce que j’avais entendu, je demande de répéter, il me précise alors « oh ne t’attends pas à un billet vert, mais pour te soutenir ». Tellement surprise, je ne me souviens même pas avoir énoncé le côté sans-argent de mon voyage, que je refuse, tout en lui disant que sa proposition me touche beaucoup mais je ne peux pas accepter. Dans ma stupéfaction, je ne lui demande même pas s’il n’aurait pas plutôt de quoi manger, je ne lui demande même pas son prénom… Je repars en lui hurlant à mon tour un « Merci beaucoup quand même ». Je suis étonnée qu’il m’ait proposer de l’argent, comme ça, sans raison, juste parce que j’étais une cyclotouriste, sans même avoir expliqué que c’était du sans-argent. Je n’arrive pas à savoir si je suis touchée, étonnée, ou intriguée, peut-être que c’est un mélange de tout ça. En tout cas, je regrette de n’avoir pas prit le temps de lui expliquer mes besoins, s’il souhaitait vraiment m’offrir quelque chose…

Je repars assez intriguée par cette rencontre mais mon humeur n’est toujours pas au beau fixe. Alors j’écoute de la musique tout en pédalant. Elle m’entraîne loin, assez pour que j’oublie mes douleurs physiques (car après une belle chute mon poignet ne s’en remet toujours pas, j’ai du mal à le poser sur le guidon…), j’en oublie que je suis de mauvaise humeur et avance. Je ferais ainsi une 30aine de kilomètres. Puis je me dis que comme j’en ai ras-le-bol, je vais faire une journée courte et trouver un endroit pour ma tente. Mais me voilà en pleine camargue, oui, oui de la Camargue en Poitou, en tout cas, on s’y croirait presque, hormis les chevaux qui ne sont pas blanc, il y a les vaches, les taureaux, les canaux, le décors aride et sec. Dans un tel paysage, aucune possibilité de poser ma tente. Alors je continue, les kilomètres déroulant sur mon compteur, 50, 60, 70, jamais je n’ai fait autant, 83 kilomètres avant de (enfin) trouver un lieu calme pour y planter ma tente, heureusement car la nuit commence déjà à tomber, alors qu’il n’est que 17 heure, l’hiver arrive, je dirais…

13 Octobre

Rien à dire, je n’ai que peu avancé… Et je n’ai pas fait grand chose hormis lire dans un parc. Puis je suis allée planter ma tente non loin de la veille.

14 Octobre

Aujourd’hui j’avance ! Je fais alors du 20km/h, j’ai envie d’arriver dans deux jours ! En chemin je croise deux cyclistes, Guillaume et… (Bien incapable de me rappeler de son prénom, si tu passes par là rappelle le moi 😉). C’était une rencontre très agréable, ils sont woofers et se rendent de ferme en ferme à vélo, ils sont pour le moment dans une ferme sur les bords de la Gironde et repartent après en direction du Limousin. J’aime ces rencontres inattendues !

Un personne croisée me conseille de me mettre à l’abri, ils prévoient tempête. Mon objectif est alors d’atteindre Royan avant la pluie… Mais je n’y arriverais pas, alors malgré la pluie qui claque, le tonnerre grondant et le vent qui fouette, j’avance tant bien que mal jusqu’à Royan, où je craque de nouveau pour un camping… Je suis trempée jusqu’aux os et j’ai froid… Mais je suis heureuse dans deux jours je serais chez mon frère !

Non classé·Octobre

Motivation, Motivation !

09 Octobre

Je traine encore ce matin, je traine mais je me force, il faut que je m’y remette. Alors me revoilà sur les routes, j’ai plaisir à retrouver ce mode de vie, j’ai même un bon rythme. Puis je me « perds », je ne retrouve plus le canal, et je me rends compte que j’ai vraiment bien plus de plaisir à rouler hors d’une voie verte, le paysage est plus varié, mon attention est plus focalisée sur ce que je fais, je rencontre des personnes autres que des cyclistes, la route n’est ni droite, ni lisse… Finalement je retrouve le canal et avec lui, la voie verte. Bon je vais en profiter, d’après la carte, demain je n’aurais plus de voie verte, alors j’y reste dessus. Dès 16 heures, je cherche un endroit pour dormir, et puis je me ressaisis, si je veux être à Bordeaux demain, il faut que je pédale plus et plus vite, alors c’est ce que je fais, et me voilà à faire du 16 km/h. Je roule bien, et finalement j’apprécie vraiment avoir un but, celui d’avancer le plus possible pour arriver à Bordeaux, peut être que je me donne des étapes trop espacées… Déjà 19h, et je ne vois aucun petit espace à l’horizon qui pourrait me permettre de planter ma tente, alors je continue, à la même allure. Finalement après une demie heure de pédale intensive, je trouve un recoin. J’y planté ma tente. Je suis heureuse, heureuse de ne pas avoir baissé les bras, heureuse de continuer, heureuse de bientôt attendre Bordeaux. Heureuse, tout simplement. J’aimerais malgré tout partager ce bonheur avec quelqu’un…

Non classé·Octobre

Le Moral est Bas

05 Octobre

Aujourd’hui, levé difficile, j’ai mal de partout, et je ne veux pas sortir de mon duvet pourtant je n’en ai pas le choix, je suis en camping sauvage, et donc je dois plier bagage avant le lever du soleil…

J’ai rejoint un chemin de St Jacques de Compostelle, et j’ai le plaisir de régulièrement m’arrêter pour parler aux pèlerins. Journée où je compte les kilomètres, je me suis interdite de faire moins que 50 km, sinon je m’arrêterais tout le temps, pour un oui ou pour un non. Alors je compte, encore 20, encore 10… Arrivée à 50 kilomètres, j’en ai mar, je n’en peu plus, j’ai mal de partout mais surtout j’ai froid, je prends alors conscience que j’ai sans doute de la fièvre ! Au top… Je me pose dans un jardin public et attends, je ne sais pas quoi faire, je n’ai pas le courage de demander un hébergement, je n’ai pas le courage de chercher quoi que se soit… Je suis à côté d’une boulangerie, et l’idée me vient d’attendre sa fermeture pour demander les invendus, mais elle ferme à 20h, alors je fais demi-tour, et me pause à un endroit que j’avais repéré un peu avant… J’attends que la nuit tombe pour planter ma tente, c’est dur, je n’ai qu’une envie me glisser dans mon duvet chaud… Et dormir… J’ai mal à la tête et je suis fatiguée, je dirais qu’une bonne crève se prépare !

06 Octobre

Le moral est toujours bas, je ne sais pas réellement pourquoi mais je n’ai aucune motivation. Alors je fais une pause dans un parc avec wifi, WC et robinet. J’y fais ma toilette, ma lessive, ma vaisselle et une loooongue pause. Après manger, je repars, mais en imaginant déjà la fin de journée, j’ai envie de craquer, et regarde les campings les plus près. Je me dirige vers l’un d’eux… Je sais que ce n’est pas bien mais je n’ai pas envie de chercher où dormir, j’ai envie de calme et de sérénité… Finalement un panneau m’intrigue, indiquant une aire de camping gratuite avec électricité, WC et douche. Intriguée je m’y rends, et c’est juste parfais, tout marche, il y a même de l’eau chaude, et tout ça gratuitement… Je suis sûre qu’il y a quelqu’un là haut, qui fait tout pour m’aider ce n’est pas possible… Alors ce soir je songe à rester une journée dans ce lieu parfait pour me reposer (encore ^^) et surtout chercher de l’énergie, de la motivation et de la passion dans ce voyage. Est-ce seulement une maladie que je couve, où est-ce le voyage en lui-même ?…

Depuis un certain temps, j’ai remarqué que mon entourage ne me parle plus beaucoup d’eux… Comme si la distance faisait que je ne peux être là pour eux… Cela me gène que mon voyage mette autant de distance entre eux et moi, je n’y croyais pas, et maintenant cette distance me fait peur… J’ai peur qu’à faire trop l’égoïste, mon entourage se lasse de moi… J’ai peur de briser quelque chose auprès des personnes que j’aime, seulement pour un voyage… Est-ce trop égoïste ? Sûrement…

07 et 08 Octobre

Rien à dire de ces deux jours, je suis restée dans l’aire de camping, et j’ai pris du temps pour moi, du temps de réflexion, est-ce que je souhaite réellement poursuivre mon voyage ? Je n’ai pas encore trouvé de véritable réponse à cette question, mais si je me la pose, c’est déjà qu’il y a quelque chose en moi qui doute… J’aime ce que je vie, c’est indéniable pourtant la solitude me pèse, cela va faire 3 jours que je n’ai parlé à personne, 3 jours de silence (si ce n’est la radio), 3 jours d’isolement, s’en est trop… J’ai besoin de parler, j’ai besoin de raconter, j’ai besoin de me sentir exister dans le regard d’un autre… J’ai l’impression de devenir une hermite, contre mon gré, j’ai l’impression de ne plus faire partie de la société, j’ai l’impression de ne plus être un Humain, d’être en dehors de tout, de ne plus exister… Oui aujourd’hui si j’aurai eu les moyens de dire stop, je l’aurais fait, si j’aurais eu le cran, je serais retournée à Agen pour prendre un train en direction de la Drôme… Mais je n’ai pas le courage de baisser les bras, je n’ai pas la force de renoncer, je n’ai sans doute pas non plus l’envie… J’ai juste envie de me sentir de nouveau vivante, parler d’un rien avec quelqu’un, parler avec une véritable personne (et non mon paquet de pâte), raconter mes doutes, mes peurs, mes joies, mes peines, mes souvenirs, raconter ce que je vis, qui n’existe qu’au travers de mes yeux… Voyager seule… Je me demande si dès le début, mes premiers pas aurait été seule, je ressentirais ces besoins et ces doutes… Je sais que je vais aller jusqu’à La Rochelle, puis je retournerais dans la Drôme, mais est ce qu’après les fêtes, j’aurais le courage de poursuivre mon aventure ? Pour le moment la réponse est mitigé, non bien sûr que non, je veux rester auprès de ma famille, arrêter d’avoir ce manque en moi, mais je ne veux pas renoncer à ma liberté, à ce mode de vie que j’apprécie de plus en plus, je ne peux me résoudre à quitter cette vie, qui m’apporte tant. Et pourtant je dois faire un choix…. Mais le manque est présent, ma famille manque, mes ami.e.s me manquent, mon quotidien me manque, le confort me manque. À chaque message, à chaque appel que je reçois, mon coeur se serre un peu plus. Je me sens seule à l’autre bout de la France, je me sens seule et inutile…

Non classé·Octobre

Le Réel Sans Argent !?

02 octobre

Aujourd’hui trop de fierté.

Réveil sous la tente, il pleut, mais dans la tente pas une goutte d’eau, que c’est agréable. Je prends un peu mon temps pour plier bagage, je n’ai pas vraiment envie de pédaler sous la pluie. J’ai de la chance, la pluie cesse, pour laisser la place au vent… Je ne sais pas ce que je préfère… Le vent me ralentie à tel point qu’en descente, je n’arrive même pas à dépasser les 10 km/h… J’ai bien trop l’impression de faire du surplace. Journée courte en kilomètres mais longue en durée. En plus détour sur la route, je me retrouve coincée par des travaux c’était un peu dur de m’en sortir. Je commence à en voir raz le bol de manger des pâtes, objectif de demain, demander à manger. Puis arrive 16h30, l’inquiétude monte, je me suis interdis de dormir en camping ce soir, alors pas le choix je vais devoir demander…. J’arrive dans un village, parfait ! Bon je retarde le moment, je me dis que je demande qu’à partir de 17 heure, puis 17h15. Bon stop, je n’ai pas le choix de demander alors je vais le faire. J’entre dans le village, je croise d’une petite dame qui fait le ménage devant chez elle, inspire, expire, aller je me lance. Elle est emballée par mon projet, est très curieuse et pose plein de question, malheureusement elle n’est pas chez elle, et dort chez son fils qui n’est pas là… Tant pis… J’ai un peu le coeur gros, mais c’est pas grave. Je fais le tour du village, c’est un peu mort quand même… Ah j’entends du bruit, je sonnes, j’entends une madame qui s’énerve… Oupsi qu’est ce que j’ai fait…. Elle m’ouvre gentillement mais refuse ma demande, et comme elle vient d’emménager, ne connait personne qui pourrait m’accueillir. Bon ce village ne me plaît pas, trop vide et sans personne. Je prends une route au hasard et sonne à toute les portes, aucune ne s’ouvre. Finalement j’arrive devant une ferme, cette fois c’est la bonne, j’en suis sûre, en plus il y a une voiture, il y a quelqu’un. Je sonne, un homme assez imposant arrive, je lui explique mon projet et surtout ma demande et il me propose un bout de terrain pour ma tente, à condition d’être discrète. Je lui promets de l’être, trop heureuse d’avoir trouver un lieu où poser ma tente. Il me propose même de cueillir quelques pommes de ses pommiers, ce que je fais avec plaisir. Je ne mangerais pas que des pâtes ce soir.

03 Octobre

Départ matinal, j’ai encore pu assister au lever du soleil, j’adore ça. Journée très agréable, « un peu » froid sur le matin, bonnet gant et écharpe n’était pas de trop, mais pas de vent, ni nuages, le soleil a fini par me réchauffer. J’ai enfin retrouvé une route bétonnée, c’est agréable car depuis le début du canal ce n’est que du chemin de terre, un peu galère… A midi, je n’y tiens plus, j’ai bien trop faim, faim d’autre chose que des pâtes, alors je suis allée m’acheter de quoi me faire un sandwich… Ce soir, je suis arrivée à Toulouse, et j’ai volontier respecté le contrat que je me suis passée à moi-même, celui de pouvoir me payer un camping auprès des « villes-étapes », la prochaine fois que je me paie ce luxe ?! Bordeaux normalement, si je ne craque pas avant… Je l’espère, sinon, enlèves moi cette carte bancaire dont je n’arrive pas à le passer pour que je vive enfin réellement sans argent… C’est fou comme instinctivement on est rattaché à l’argent… Ce midi j’aurai pu demander au lieu de payer… Mais j’ai choisi la facilité… Encore une fois.

04 octobre

Ce matin, je traine, il fait froid dehors et je n’ai pas envie, je n’ai envie de rien. A mon réveil, je remarque que mes voisins de palier (car dans le camping, les cyclistes ont un emplacement commun) sont eux aussi réveillé. Nous commençons un peu à parler, et nous arrivons sur mon projet de voyage, je leur explique avec entrain, et mon projet les emballe. Finissant leur voyage demain, il me donne leur reste de nourriture, un paquet de riz, deux petits sachets de semoules, un plat de pâtes bolognaise lyophilisé, leur pain de la veille, du thon, un pâté de jambon, une sauce tomate concentrée, 4 sachets de soupe lyophilisé, 4 sachets de thé, 6 pâtes de fruit, une barre de céréales énergétique et un saucisson. Je ne sais plus comment les remercier. Nous continuons nos bagages tout en discutant. Puis je vais faire ma vaisselle, j’y recroise un de mes voisins, il me dit être tout ému par mon projet, et il me sort son porte-monnaie, je refuse, lui expliquant que je souhaite que ce soit vraiment sans argent, mais il insiste, me disant que ça payera le camping de cette nuit… J’essaie de refuser, mais il m’explique être réellement touché par mon projet, il a les larmes à l’oeil, et moi, je ne suis pas loin de pleurer par tant de gentillesse… Je finis par céder et accepte le billet… Toute chamboulée, je luis demande son prénom, Thierry, et son ami s’appelle Henri. Il a un regard tellement ampli d’affection, tel un père à mon égard. Je ne sais plus où me mettre, tellement touchée par tout ça, cela me dépasse, et je n’ai qu’une envie, pleurer, pleurer parce que cet homme m’a touché, pleurer parce que le regard qu’il me porte est chargée d’amour, pleurer parce que tout simplement je suis émue par son affection à mon égard. Il me recommande à de multiples reprises de faire très attention à moi, j’ai l’impression de me retrouver face à une personne de mon entourage qui ce fait réellement du soucis à mon égard. Il m’encourage à continuer mon projet tant que le coeur y est. Il me perce à jour, me parle des émotions qui sont en moi depuis bien longtemps et que je n’ai dévoilé à personne, comme s’il me connaissait depuis toujours, comme si lui aussi avait eu besoin de tout plaquer pour faire le point sur sa vie, comme s’il avait vécu toute mes souffrance. Jamais je ne pourrais te décrire toute les émotions que cet homme m’a fait vivre. Déjà, je ne pensais pas que mon projet pouvait mettre les larmes aux yeux, encore moins à des inconnus… Et puis ce regard paternel qu’il a posé sur moi, cet affection qu’il m’a donné, cette tendresse qu’il avait à mon égard… Tout ça m’a chamboulé… Au moment du départ, je les laisse partir devant, et reste en arrière pour ne pas qu’ils voient mes larmes qui ruissellent sur mes joues. Je ne pourrais pas te dire pourquoi il y avait tant de larmes, tant d’émotions, mais je sais que cet homme m’a touché et qu’il restera longtemps dans ma mémoire. J’ai été touchée par lui, autant que je l’ai touché, je dirais… Les larmes qui ont coulé était pour lui, pour cet homme qui me connaissait vraiment sans me connaître vraiment et je pense aussi que ces larmes étaient pour mon père…

Je reprends alors ma route, arrivée à Toulouse, il pleut. C’est la première fois où réellement je roule sous la pluie… Ce n’est pas très agréable, mais bon il faut bien avancer, alors je le fais. Le midi je mange sous un pont, seul endroit où je ne prends pas la pluie, je me sens réellement comme une SDF… Ma maman a peut être raison, mon choix de vie fait de moi une SDF. Puis vers 15 heures, je rencontre un retraité qui a l’air de vouloir parler, il roule alors à mon allure et me raconte sa vie, je trouve ça agréable, même si j’ai encore un peu de mal à comprendre l’accent du sud-ouest ! Puis je vois le temps passer, 16h, 17h, 18h… Jamais je ne vais avoir le temps de trouver un logement, mais qu’importe, je profite de cette rencontre, et écoute cet homme me parler de son frère, de sa mère, de la société actuelle, du vélo mais surtout de la peinture… Dur dur je n’y connais rien et il doit me définir bien souvent les termes qu’il emploie. Enfin à 19h, il décide de rentrer, il a peur que sa femme s’inquiète. Mais je me retrouve alors sans rien, je ne me vois pas demander un logement à cet heure si tardive et puis je n’en ai pas l’envie. Tant pis, ce soir se sera camping sauvage. Étonnamment, j’ai moins peur, je me sens plus en sécurité ce soir. Je te diras demain si j’ai survécu !!

Bien à toi

Mes ressentis·Non classé

Être Vivante

Depuis que je voyage, il est vrai que je me sens bien plus vivante que lorsque j’étais sur Lyon. Déjà parce que je mobilise mon corps au quotidien, que je sens cette douleur aux genoux, celle de trop forcer au quotidien, c’est une douleur agréable, qui me force à garder pied à terre. Peut être qu’aujourd’hui ma douleur à la cheville me rappelle aussi que je suis bien vivante (je me suis tordue la cheville il y a quelque jours…), elle me lance parfois, lorsque j’oublies tout, elle me rappelle aussi que mon corps à des limites et que je dois apprendre à les écouter. Il faut que je prenne soin de mon corps, c’est lui qui me porte au quotidien.

Ensuite il y a tout mes sens qui me rappelle ma présence sur terre, la vue qui me permet de profiter des paysages, l’odorat qui sens la vase où les vignes, l’ouïe qui entend les oiseaux chanter ou les moustiques voler, le toucher qui me fait mal au contact des ronces ou qui s’adoucit lorsque je m’allonge dans l’herbe, et le goût qui me rappelle que la nourriture n’est pas la raison principale pour laquelle je voyage.

La nourriture, c’est la vrai raison pour laquelle je me sens vraiment en vie. Je connais enfin la faim, cette sensation de vide dans le ventre, c’est agréable de sentir son ventre crier famine. Je ne connaissais pas cette sensation et aujourd’hui elle est un peu devenue mon amie. L’Homme a besoin de manger pour vivre et pourtant dans mon ancien quotidien, je pouvais ne pas manger pendant quelques jours, je ne ressentais pas de manque, aujourd’hui mon corps me rappelle bien souvent que sans manger, il n’a plus d’énergie.

Aujourd’hui, je suis vivante, je le sens, je le sais. Je sais aussi que je suis là où je devrais être, que j’aime ce que je vie, et j’arrive enfin à reprendre contact avec la réalité, la vrai réalité, celle qui nous fait sentir Vivant, qui nous fait sentir bien.

Je me sens enfin vivante ! Peut-être qu’après tout avant, je ne l’étais pas vraiment…

Je suis vivante, et surtout je suis heureuse.

Bien à toi

Mes ressentis·Non classé

Léna

Aujourd’hui je te parle d’elle, malgré le fait que l’on ait dû se séparer, ce voyage, je lui dois en grande partie. Ce que je vais dire n’est que mon point de vue et que mon ressenti, aucunement une description objective d’elle.

Lorsqu’on passe autant de temps avec une personne, pratiquement 24h/24, alors qu’avant nous ne nous connaissions pas, je pense que ça crée des liens étranges, d’autant plus en voyage. Je ne peux pas dire que ce que je ressens envers Léna est de l’amitié, c’est tellement plus fort et si différent, mais ce n’est pas de l’amour non plus, j’en vois venir certain.e.s. En fait il n’y a pas de mot, car c’est un lien où la confiance est le maître mot, et le respect aussi. La confiance, car entre ses mains que je me remettais entièrement lorsque je paniquais. Tout au long des 2 semaines passées avec elle, j’ai aussi apprit à la respecter entièrement, car elle a toujours réussi là où j’echouai, elle gardait le moral là où je ne l’avais plus, et elle avait le sourire lorsque j’avais envie de pleurer. Être deux, c’est tellement être complémentaire en voyage. Malgré que notre voyage ensemble fut bien vite raccourci, je pense que je n’en garderais que le meilleur.

Être avec elle, avait un côté sacrément rassurant, certes j’avais moins de liberté, mais je ne l’ai pas ressenti, je ne le ressens que maintenant que je suis seule.

Sans elle, je ressens bien plus souvent la peur, comme elle me l’avait dit, dès 17h, si je n’ai pas de lieu pour dormir, je commence à paniquer… En réalité sa présence m’était rassurante.

Et si je te parlais d’elle, Léna a le courage que je n’ai pas, elle a le culot de s’imposer aux autres, elle sait se mettre sur la défensive si besoin, et je suis sûre qu’elle sait se sortir de toute situation. En fait je crois que sans elle j’ai horriblement peur… Je suis devenue une voyageuse trouillarde, seulement peut être pour quelques jours mais trouillarde malgré tout.

Elle m’a apprit tellement de choses, moi qui ai fait le choix de partir comme ça, en voyage, un peu sur un coup de tête. Je n’y connaissais rien au voyage, et elle m’a offert son expérience. C’est elle, qui m’a apprit à manger en quantité nécessaire lorsque qu’on pédale toute la journée, je pense que sans elle, je ne mangerais pas assez. C’est elle qui m’a apprit à demander à manger, à boire, ou même l’hébergement, c’est sous son regard que j’ai fait ma première demande dans une boulangerie, c’était sa faim qui m’a poussé à le faire, cette faim qui est aussi devenue la mienne. C’est parce que je sentais qu’elle avait besoin d’un lieu calme et serein que j’ai prit pour la première fois le téléphone pour appeler un inconnu et lui demander l’hébergement, parce que je sentais qu’elle n’avait pas le moral, je voulais que lorsqu’elle revienne, nous aurions un logement, objectif réussi. C’est elle qui m’a prouvé que même dans les côtes, c’est possible de pédaler, il faut croire en ses capacités physiques, c’est le moral qui y tient le rôle le plus important. Elle m’a apprit qu’il est toujours possible d’aller plus loin que les limites de notre corps, celles que l’on croit avoir atteint alors qu’il n’en n’est rien. Elle m’a aussi donné envie de me lancer dans le voyage, avant de parler avec elle, j’avais déjà le projet, mais je ne me voyais pas le concrétiser, j’en parlais à tout le monde, mais cela me semblait bien trop abstrait pour être vrai, elle a fait passer mon projet de rêve à réalité. Et c’est surtout elle qui m’a donner la force de continuer ma route, malgré la solitude, c’est aussi elle qui me booste quand je dis ne pas oser faire des demandes seule. Demander quand on voyage seule, c’est faire une demande de quelque chose, uniquement pour soi, c’est un geste entièrement égoïste, alors que lorsqu’on était deux, je demandais, pour moi mais avant tout pour elle. Je crois que c’est là ma difficulté actuelle, faire une demande rien que pour moi. Faire quelque chose qui ne soit réellement que pour moi, et pour moi seule.

Aujourd’hui je me rends compte que vivre avec elle ce voyage était aussi un moyen de faire exister chaque instant de les rendre plus réels et concret. Seule, tout ces moment ne m’appartiennent qu’à moi, ce ne sont que mes souvenirs qui permettrons de les faire vivre, avec elle je savais qu’on était deux à pouvoir les faire vivre.

C’est elle aussi qui m’a prouvé que l’on peut surmonter ses peurs, que se soit sur une route à grande vitesse, celle d’une simple araignée, ou encore celle de parler à des inconnu.e.s. En sa présence, j’ai surmonté toute ces peurs, peut être que seule aussi, je n’en sais rien, en tout cas ce que je sais, c’est qu’aujourd’hui parler à un.e inconnu.e ne me terrifie plus, voir une araignée ne me fait plus paniquer, et surtout j’ai reprit une grosse route sans me mettre à pleurer.

Léna, tu fus une rencontre inattendue, mais qui m’a tellement donné confiance, en moi, en le voyage, en les autres et surtout en la vie.

Merci Léna, merci à toi pour ces deux semaines passées à tes côtés, merci à toi pour tout ce que tu m’as apporté, et surtout merci d’avoir répondu par hasard à mon annonce sur le routard. Je sais que tu ne liras pas ses lignes, et c’est en partie ce que j’espère, car je n’écris pas pour toi, mais pour moi, pour garder indéfiniment ancré en moi, cette reconnaissance que j’éprouve à ton égard. Savoir que tu pourrais lire ces lignes m’inquiètes car ce ne sont que des mots, des mots qui m’appartiennent et qui sont loin d’exprimer ce que réellement je voudrais te dire.

C’est à toi que je dois ce voyage, et à qui je dois ce que je deviens, cette femme que je n’étais pas il y a encore quelques semaines, et qu’aujourd’hui je suis. Merci pour tout Léna, et je sais que tu finiras par faire ton tour du monde, que ce soit en vélo, en voilier ou en stop, je sais que dans 3 ans, tu seras à l’autre bout de la terre et que tu ne reviendras pas avant 12 ans. Puisque telle est ton rêve, je te souhaite de le réaliser. Juste promet moi que prendre toujours soin de toi !

Je sais que c’est un article tout décousu mais j’ai écrit comme ça venait, je ne voulais pas me mettre de censure ou être d’en l’obligation de modifier mes écrits, cela risquerait de faire perdre le sens premier des mots….

Bien à toi

Non classé·Septembre

Oh Rage Et Surtout Oh Désespoir

28 Septembre

Aujourd’hui, levé sous l’humidité, ma tente a prit la rosé, et l’intérieur est tout mouillé. Je fais donc le choix de rester la matinée pour la faire sécher et en profiter pour faire une vrai lessive et faire sécher au maximum mes habits. Puis je me suis mise en route, le long du canal du Midi,c’est super beau, je passe plus de temps à regarder les écluses monter et descendre plutôt qu’à pédaler. Cette nuit encore c’est camping… Peut être qu’un jour, j’arriverais à demander seule, un logement.

Suivre des voies vertes, ce n’est pas top, je suis comme coupée du monde, ne rencontre personnes et je n’ai donc pas l’occasion de faire de belles rencontres. Peut être que je vais changer d’itinéraire… À réfléchir…

29 Septembre

Aujourd’hui, je me suis levée avec des nausées et un mal de ventre… Je ne me voyais pas monter en selle, alors j’ai pris une deuxième journée de repos, où je n’ai vraiment rien fait. La douleur m’a même empêché aller visiter le village dans lequel je me trouve. J’ai fait la larve, toute la journée… J’ai écouté la radio pour la première fois depuis mon debut de voyage, j’ai entendu les infos, il n’y a jamais rien de bien joyeux, mais c’est tout de même rassurant de se retrouver de nouveau confronté à la réalité, à la vie « lambda », de constater que le monde ne s’arrête pas de tourner malgré mon voyage, que la vie continue comme si de rien n’était.

Par rapport à ma tente, ce matin il y avait des flaques d’eau de partout, je pense que mon prochain investissements est une bonne tente bivouac… C’est vite cher ces petites choses.

Aujourd’hui, ma solitude m’a bien moins pesé, je l’ai même trouvé agréable, comme j’avais mal, j’ai fait que ce que je voulais, lorsque le bruit me gênait, j’éteignais tout les bruits, et sinon j’écoutais la radio.

Demain, je ne me laisse pas le choix, je reprends la route. Même si la douleur est encore là, elle finira bien par partir. Je ne suis pas en voyage pour ne rien faire de ma vie.

30 septembre

J’ai commencé la journée dans la douleur, reprendre le vélo fut dur pour mes petite jambes, mais j’ai malgré tout trouvé un rythme, malgré la complexité de la route, trop de cahot, trop d’irrégularités, mon allure en est ralentie. Première galère, je dirais vers 9h, je me trouve a un croisement, j’ai le choix prendre un chemin qui longe le canal du midi mais qui est tout serré et à l’air mal en point ou je monte sur ma route. Je choisis la dernière option. Mais une fois là haut, encore un croisement, trop de route, je ne sais pas laquelle longe le plus le canal. Je vois alors que le tout petit chemin terre mène à un tunnel. Je m’excuse d’avance auprès de mon vélo et fait demi-tour pour voir ce qu’il en est… Le chemin est dur, mais j’y arrive (en manquant de peu de tomber à l’eau…), arrivée au tunnel, je dois me rendre à l’évidence que le chemin n’est pas assez large pour mon vélo, donc je refais le chemin à sens inverse et à reculons, car pas de place pour faire demi-tour avec tout mon bardas. Je remonte alors sur la route, et prend alors la route qui me semble longer le canal, après 10 minutes je dois me rendre de nouveau à l’évidence, le chemin n’existe plus… Alors de nouveau demi-tour, je retourne encore au croisent pour choisir une autre route, qui cette fois fut la bonne. Tout au long de la journée se ne fut que ça, des aller retours inutiles et fatiguant… Puis à l’heure de chercher un endroit où dormir, je ne trouve aucun camping… Je cherche alors un substitut mais n’en trouve pas… La nuit commence à tomber, je dois me rendre à l’évidence, je n’ai nul par où dormir si ce n’est en camping sauvage… Mais seule j’ai peur, je l’ai fait avec Léna, mais avec elle, tout était si simple, tout était différent… La nuit est là, je n’ai pas le choix, j’ai essayé de demander l’hébergement mais j’ai paniqué et fini la discussion par un « bonne soirée » et je suis partie comme une sauvage… Alors je retourne au bort du canal et y plante ma tente. Je suis horrifiée, terrorisée au moindre bruit… Alors oui, je fonds en larme, finalement Léna me demande où j’en suis, c’est une bénédiction, ce message était une bénédiction, je n’ai plus guère de batterie, mais qu’importe j’ai besoin de parler… Je n’ai pas envie de m’apitoyer sur mon sort, mais je l’appelle, je la retrouve égale à elle même, elle me rassure sur l’existence des choses invisibles et surtout me dit de profiter de ma chance que j’ai d’avoir 4 bras et 4 jambes. (!?) Elle me fait rire, tout en moi est dévasté et elle trouve le moyen de me faire oublier ma peur, même si ce n’est que l’espace d’un instant… Et je n’ai plus de batterie, je me retrouve de nouveau seule face à tout ça… Je me promets que si je m’en sors vivante (car oui je n’y croyais plus…), j’arrêterais mon voyage, je reprendrais une vie lambda, même si elle ne me plaît pas… Et puis finalement je m’endors, étonnamment vite et d’un bon sommeil, jusqu’à 5 heures du matin ou je me fais réveiller par des travaux, je dois alors partir, alors me voilà, seule dans la nuit à pédaler et à me crisper sur le guidon me martelant en tête que je m’étais promit de ne pas rouler de nuit… Et une voix dans ma tête, celle qui est horrifiée essaie de me rassurer en répétant comme un mantra « S’il n’y a pas de lumière, c’est qu’il n’y a pas d’homme, le seul danger que tu crains c’est l’homme, s’il n’y a pas de lumière, c’est qu’il n’y a pas d’homme, le seul danger que tu crains c’est l’homme… ». Finalement j’ai la récompense de tout ça, j’assiste au lever du soleil, qui éloigne bien vite mes promesses de m’arrêter, et je remercie le ciel de m’avoir lever si tôt, pour assister à tout ça. Être en voyage c’est aussi ça, passer d’émotions en émotions, sans que cela nous choque. Finalement j’arrive vite à Carcassonne, mais à peine arrivé, il se met à pleuvoir des cordes, je prends conscience que je n’ai pas de tente adapté, elle prend déjà l’humidité alors qu’en est-il de la pluie ? Je ne veux pas le savoir, et je dépense une fortune dans une nouvelle tente, je n’ai plus le choix de vivre sans argent, je n’aurais sinon pas les moyens… Ce soir c’est camping, mais c’est le dernier, profite Zoé, profite le luxe c’est fini, dès demain tu te bouges et tu oses demander, parler n’a jamais tué et ce n’est pas avec toi que ça va commencer !

Bien à toi