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Demain

« Nous sommes des oiseaux de passage, demain nous serons loin. » Proverbe tzigane


Je pars bientôt, le départ approche bien vite, il arrive, c’est demain que je mets les voiles ! Finalement, j’ai fait le choix de partir plus tôt que prévu, car l’attente était insupportable. Je passe mes journées à attendre que les jours s’accélère, c’était devenu invivable, pour moi mais aussi pour mon entourage. Cette attente fait remonter toutes mes inquiétudes, toutes mes peurs et tout mes doutes, je suis devenue une boule de nerf, tout ça parce que j’attends de pouvoir enfin prendre mon vélo et partir.

Demain je suis sur les routes, demain à la même heure, je pédalerai sûrement ! Je ne réalise pas encore l’énormité de la situation, je n’ai pas encore pris conscience de la chose, j’ai l’impression que plus le temps passe et moins je réalise ce qu’il va se passer demain.

Demain c’est le début d’un rêve, demain, c’est le premier jour d’un long voyage, je l’espère. Je n’ai pas de mot pour décrire l’état dans lequel je suis, je n’ai même pas envie de les chercher. Je suis bien, je suis bien mais au fond de moi l’inquiétude grandit, je suis impatiente mais en même temps je redoute ce moment fatal, je suis surexcitée, mais elle est aussi là pour cacher ma tristesse des au-revoir. J’ai envie de partir sans dire au-revoir, c’est très égoïste et je ne le ferais pas, mais je sais très bien que ma mère va pleurer, et que je ne vais pas non plus en être loin. Je n’aime pas ça, je n’ai pas envie de cette étape, je souhaite juste partie le plus vite possible pour éviter ce mal-être.

Demain je pars pour l’inconnu et je suis horrifiée.

Demain je pars pour l’aventure et je suis impatiente.
Demain je pars pour un périple et je ne veux pas revenir en arrière.
Demain je pars.

Bien à toi

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Le Stress

Ah le stress, le stress… Chez moi, il s’exprime de plein de manières différentes, et je crois que peu à peu, toutes se declanchent. J’ai la mâchoire qui se crispe, de l’eczéma aux mains, des mycoses aux pieds, je fais de nombreuses crises d’angoisse, et ce matin je me suis réveillée avec le nez en sang. Je pense que ce n’est pas la dernière manifestation de mon angoisse.

Quel chance de m’inquiéter autant pour ce départ ! Oui un départ, ce n’est pas tout beau tout rose. Ce n’est pas que l’excitation de partir, la joie de concrétiser son rêve, l’impatience de se mettre en route, mais c’est aussi la peur de ne pas y arriver, l’inquiétude de n’être pas à la hauteur, et surtout les au-revoir… Depuis quelques temps, lorsque je quitte quelqu’un, ce n’est plus les au-revoir « lambda » mais ce n’est que des « bon courage », « tiens-nous au courant », « fais attention à toi » etc. et parfois des larmes… Je ne sais pas comment réagir dans ces situations, je suis mal à l’aise de mettre mon entourage dans cette position, et à chaque fois, je me sens de plus en plus égoïste de partir ainsi !
C’est le mois de la rentrée pour la plupart des personnes et c’est la première rentrée que je ne ferais pas ! C’était mon quotidien durant des années, et j’ai fait le choix de changer ces habitudes. C’est étrange d’entendre tout le monde parler de ça, alors que pour la première fois de ma vie, cela ne me concerne pas !

Le jour J approche, je le sens de plus en plus, j’ai hâte en même temps qu’être terrorisée, parfois je me dis que se serait plus simple de partir maintenant sur un coup de tête, mais je reviens à la réalité, je ne peux pas partir sans dire au revoir à mon entourage ! Le voyage est là.

Bien à toi

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La Date Approche

Les départs ne comptent pas, seuls les retours méritent une larme.” Christian Mistral


La date du départ approche, j’ai tellement hâte mais aussi, je suis totalement paniquée. Je stresse et mon corps me le fait bien sentir… Ça va faire 3 jours que je ne peux plus manger correctement, j’ai tellement peur que je crispe ma mâchoire à tel point que j’ai très mal lorsque je mâche, même pour du saucisson, imagines le désastre !
Tout est prêt et prévu pour le grand jour, je pars le 15 septembre, en direction de Montpellier, où je vais rejoindre ma compagne de voyage. Ensuite, ensemble nous allons faire le choix de notre première destination, et voir au mieux notre organisation qui pour le moment n’est que peu défini.

Eyota (mon vélo) est enfin chargée, il ne lui manque que quelques détails, mais rien d’élémentaire.

Je ressens le départ, tout le monde me fait ses « adieux », tou.te.s me disent de faire attention, certain.e.s pleurent, d’autres m’ordonnent de donner des nouvelles, je n’aime pas vraiment cette période… J’ai l’impression de les abandonner et ça me brise le cœur, mais j’ai tellement hâte de prendre le large que parfois tout ceci me passe au dessus.

Bientôt je te montrerais Eyota chargée. Pour le moment cela m’est compliqué, c’est vraiment concrétiser encore plus ce projet, et j’ai peur !

Bien à toi

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L’Evénement Declancheur

La violence verbale est la première étape de la violence générale contre les femmes.”
Isabelle Alonso

Aujourd’hui je vais vous parlez de ce qui m’a donné de courage de concrétiser ce projet. Depuis déjà bien des années, ce rêve est là, il me suit et je savais qu’un jour j’allais le mettre à exécution. Mais je repoussais toujours la date butoir, au début, c’était une fois que j’aurai mon bac, puis une fois que j’aurai assez d’argent, puis une fois que j’aurai mon master.

J’avais envie de le réaliser, mais ça me terrifiée tellement que je trouvais des excuses pour ne pas aller jusqu’au bout. Mais cette année tout à changeait, je ne supportais plus les cours, y aller était un vrai calvaire, je ne me voyais pas continuer un an encore. Je veux mon master, car je sais que je veux devenir psychologue, mais une pause ne me fera que du bien. Ce n’est pourtant pas ce raz le bol qui m’a poussé à le lancer, il y eu un évènement qui a accéléré les choses, un évènement qui m’a tellement travaillé qu’il a tout précipité !

C’était un soir de semaine, où rien ne sortait réellement de l’ordinaire, je rentrais en tramway de l’aide au devoir, que je donnais à des enfants de quartier, et je me suis faite agressée. Une agression presque banale, je dirais. Un groupe de jeune qui avaient bien trop bu sont rentrés dans la rame. J’étais un peu isolée dans la rame, ils ont commencé à me draguer, puis m’insulter, puis à faire des choses obscènes avec leur corps, et à essayer de mettre leurs mains sur moi !

J’étais terrifiée, bref plus de peur que de mal, ce n’est pas aller plus loin, mais j’ai été sous le choc durant un certain temps. Puis j’ai pris conscience que si je pouvais me faire agresser dans mon petit quotidien, ce n’est donc pas plus dangereux de se lancer dans un projet fou. Pourquoi se refuser de partir par peur de subir de la violence si l’on peut se faire malgré tout harceler dans un quotidien tout ce qu’il y a de plus banal.

Cette agression a donc beaucoup chamboulé ma vie, déjà c’était la première fois que j’étais réellement confronté à de la violence gratuite et puis elle m’a prouvé que où que l’on soit et quelque soit la vie que l’on mène, il y a des danger, alors pourquoi s’empêcher de vivre comme l’on souhaite, pour une peur qui n’a donc pas lieu d’être !?

Bien à toi

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La Chance

« La vie est une chance, saisis-là »
Mère Teresa

Beaucoup me dise chanceuse de me lancer ainsi, corps et âme dans un projet qui me tient à coeur, chanceuse de pouvoir avoir les moyens de me lancer dans ce périple, chanceuse de pouvoir me permettre de partir un an « sans rien faire de ma vie » et surtout chanceuse d’avoir le courage de me lancer !

Aujourd’hui j’ai envie de te dire que tout cela n’a rien à voir avec de la chance. Non c’est faux il y a une grande partie de la chance, celle d’être née en France, ma mère n’a pas besoin que je rapporte de l’argent pour subvenir à ses besoins, j’ai des amis, une famille qui m’écoute, même s’ils ne sont pas tous d’accord avec ce projet, et j’ai surtout de la chance de n’avoir pas eu besoin de prêt pour mes 3 premières années d’étude. J’ai cette chance là, et ça de plus en plus je remercie le ciel de connaître cette chance. Pour le reste il n’y a aucune chance, je prends juste le culot de le faire. Je n’ai aucune ressource financière, si ce n’est l’argent que je me suis fait en travaillant l’été et les week-ends, que je mettais de côté depuis 3 ans, ne m’autorisant que peu de folie. Malgré le fait de m’être serré ma ceinture, ce n’est pas un gros pactole, mais mon projet peut suivre mon budget si je ne dépasse pas les 5€ par jour, j’ai confiance, je peux y arriver ! Mon matériel je l’ai acquis peu à peu, je n’ai investi que dans très peu de chose, j’ai surtout beaucoup récupéré à droite et à gauche. Le courage de me lancer, je ne l’ai pas vraiment, si tu savais le nombre de nuit que j’ai passé à regretter de n’avoir postulé à aucun master, où je n’arrive pas à dormir, terrifiée à l’idée de concrétiser ce rêve, mais ces nuits ne sont rien contrairement à celle où j’imagine ce voyage, et surtout à tout ces moments où je construis peu à peu mon projet.

Je ne me définis pas comme une chanceuse, pour le moment j’ai plus l’impression d’être une inconsciente qui se lance les yeux fermés et les mains liées du haut d’une falaise. Je suis pétrifiée, mais j’ai l’espoir que la corde qui me retient sera assez solide pour résister au choc. Et si par malheur cette corde viendrait à céder, je sais qu’il y a toujours des cordes de sécurité, celles qui viennent de mon entourage.

Oui je suis chanceuse de pouvoir me donner les moyens de faire ce rêve, mais je suis persuadée que tu as aussi au fond de toi les moyens pour réaliser tes rêves, même les plus fous, fermes les yeux, ne réfléchis plus et saute. Le plus dur c’est de se mettre en action, si la chute est trop douloureuse, remets toi entre les mains de l’humanité des personnes, parce que je suis persuadée que si l’on demande, de l’aide peut nous être fournit, et qu’avec de l’envie, tout est possible !

Bien à toi

Pas à pas

Voyager seule, Voyager accompagnée

Le plus beau voyage, c’est celui qu’on fait l’un vers l’autre.
Paul Morand

Voyager seule fait peur, peur à l’entourage du voyageur, surtout quand on est une femme (patriarcat quand tu nous tiens….), et cette peur se répercute sur le cyclotouriste lui-même. Depuis quelques mois déjà, je ne me voyais plus partir seule, avant c’était mon projet et mon choix le plus précieux mais à force de « Et si tu te retrouves face à une araignée, toi qui en à la phobie ? », « Et si tu te mets à avoir peur de quelque chose, trouillarde comme tu es ? », « Et s’il t’arrive un pépin, tu vas faire comment toute seule ? ». J’ai fini par y croire aussi, et partir seule ne m’était plus envisageable. Je me suis donc mise à la recherche d’un compagnon de voyage, une personne qui à la même vision du voyage que moi, quelqu’un avec qui j’ai envie de partager cette expérience unique !

Aujourd’hui, je peux dire que j’ai trouvé cette personne, nous ne nous connaissons pas vraiment mais je suis sûr que le feeling va bien passer, et que ce voyage avec elle n’en sera que plus beau ! Je suis si heureuse d’avoir trouvé une personne avec qui partir, une personne qui partage les mêmes buts du voyage, le même respect pour ce mode de vie. À voir sur le long terme, mais j’y crois !

Bien à vous

Pas à pas

Aujourd’hui, Tout change

Quand la souffrance s’abat sur nos vies, il faut l’accepter avec un sourire.

Mère Teresa

Un petit article à cœur ouvert, un article sans limite ni frontière, un article écrit avec sincérité.

Aujourd’hui j’ai pris mon vélo et je suis partie, partie sur les routes sans réfléchir d’où je voulais aller, partie pour mieux me retrouver, pour être seule avec moi-même, et pour m’isoler. J’aime être seule, la solitude n’est pas quelque chose de négatif pour moi, c’est un moyen de me ressourcer, de me sentir en vie, de faire le plein d’énergie pour mieux reprendre une vie en société. Cette journée à l’air libre, sur mon vélo, seule m’a rassurée quant à mon choix de projet pour l’année prochaine. Durant l’espace d’une journée, j’étais loin de tout, et de tous et étonnement je me suis sentie revivre, je me suis sentie bien.

Quand j’ai un coup de mou, quand je ne vais pas bien, j’ai tendance à m’isoler, à éteindre mon portable à ne répondre à personne, et à m’énerver contre toutes personnes qui me parlent. Quand je ne vais pas bien, je peux rester allongée toute la journée sur mon lit, sans rien manger, sans rien faire, sans vivre. C’est vrai que je fais souvent le choix de m’engloutir entièrement dans mon mal-être, même quand une toute petite chose me tracasse, je me laisse facilement aller. Pourtant je sais que moins je fais des choses et plus je vais mal. L’inactivité me déprime, ne rien faire n’est pas fait pour moi. Mais depuis un certain temps, j’essaie de changer ce comportement qui ne m’aide en rien. J’essaie de me mettre en action, même si c’est seulement pour aller raconter ma peine à tous les animaux que je croise, même si c’est pour me mettre à hurler contre les arbres parce qu’ils ne m’écoutent pas. J’ai un comportement irrationnel quand je suis inquiète, et quand j’ai l’esprit tourmenté et pourtant ce sont ces comportements qui m’aident à remonter les pentes.  

Mais aujourd’hui, je me suis trouvé une autre porte de secours, mon vélo, de la solitude, et de la nature, voilà ce qui m’a apaisé durant toute cette journée. Durant l’espace d’un instant, j’ai même regretté de n’avoir pas pris une tente avec moi pour ne pas à avoir à faire de demi-tour. Durant ce moment hors du temps, j’ai tout oublié, les petits tracas du quotidien, les douleurs physiques et les questions qui m’envahissent depuis quelque temps, des questions sur mes capacités de partir seule à vélo, sur le fait de laisser ma famille, mon entourage, les personnes que j’aime pour un projet égoïste, pour un voyage que je ne veux faire que pour moi. Actuellement, je remets tout en question dans ma vie. Cette journée a chamboulé beaucoup de chose en moi. Elle m’a conforté dans le choix de mon projet, et j’ai encore plus envie de partir, et je veux le faire maintenant. Je ne veux plus attendre. Je veux investir le plus rapidement dans les derniers éléments qu’ils me manquent et partir. Partir, c’est un peu comme une fuite pour moi, une fuite qui me permettrait de me sentir bien plus vivante qu’à la normal. Oui, aujourd’hui je peux vous le dire, oui je peux être sincère comme je ne l’ai jamais été, parce qu’aujourd’hui, c’est différent, tout est différent, différent, parce que je change, parce que je veux faire changer les choses et que ma vie en générale, change de plus en plus. Depuis un certain temps, je ne me sens plus vivante. Je laisse le temps passer et je survie. Je ne cherche pas à profiter de chaque instant que me donne la vie, et pourtant je sais combien chaque minute que la vie nous offre est précieuse, c’est un don que nous n’avons pas le droit de gâcher.

Durant cette journée de coupure, j’ai aussi connu mes premiers problèmes techniques, mes premières galères de cyclotouriste. Mes freins ne se relâchaient plus et ils bloquaient la roue. Je compte partir à vélo et pourtant je n’y connais rien à la mécanique. Mais avec de la débrouillardise, de la persévérance, sans avoir peur de me salir les mains et après une bonne heure de galère, j’ai réussi à le remettre sur ses roues, et je suis repartie de plus belle, fière de moi. Fière d’avoir réussi seule à réparer un morceau défaillant de ma monture. En fur et à mesure que je vissais et dévissais, que je retournais mon vélo dans tout les sens pour trouver la source du problème, j’avais l’impression de ne pas seulement réparer mon vélo, mon fidèle destrier, mais que j’assemblais les parties d’un puzzle, de mon puzzle, celui de ma vie, celui de mon avenir. En réparant mon vélo, je n’ai pas seulement réparé mon moyen de transport, mais j’ai aussi recollé les morceaux brisés qui sont en moi. Je suis dans une période, où tout change autour de moi, et où je prends conscience que je n’ai rien à perdre de me lancer les yeux fermés. J’ai réalisé que parler de moi ne pouvait pas me tuer, j’apprends chaque jour que je ne peux pas tout contrôler, ni tout garder en moi, j’apprends à lâcher prise et à agir sur un coup de tête, j’apprends à ne pas réfléchir pour ne pas paniquer à cause des répercussions de mes actes. Pour une personne comme moi, qui n’aime pas l’inconnu, qui n’aime pas quand elle n’a pas main mise sur la situation, c’est dur au quotidien, mais je vais apprendre, apprendre à me laisser aller, apprendre à accepter que tout ne se passe pas comme je l’ai choisi, et surtout apprendre à vivre sans m’inquiéter du lendemain. Je veux réapprendre à vivre, d’une façon plus saine, plus respectueuse de moi, de mon corps, et de mes émotions. Je ne veux plus avoir peur de ce que je peux ressentir, tout humain ressent des émotions, des sentiments. C’est ce qui fait de nous des êtres sociaux, c’est la chance de l’être humain, à nous d’apprendre à vivre avec, en faisant la paix avec nos propres éprouvées.

Bien à vous

Zoé