Pas à pas

Aujourd’hui, Tout change

Quand la souffrance s’abat sur nos vies, il faut l’accepter avec un sourire.

Mère Teresa

Un petit article à cœur ouvert, un article sans limite ni frontière, un article écrit avec sincérité.

Aujourd’hui j’ai pris mon vélo et je suis partie, partie sur les routes sans réfléchir d’où je voulais aller, partie pour mieux me retrouver, pour être seule avec moi-même, et pour m’isoler. J’aime être seule, la solitude n’est pas quelque chose de négatif pour moi, c’est un moyen de me ressourcer, de me sentir en vie, de faire le plein d’énergie pour mieux reprendre une vie en société. Cette journée à l’air libre, sur mon vélo, seule m’a rassurée quant à mon choix de projet pour l’année prochaine. Durant l’espace d’une journée, j’étais loin de tout, et de tous et étonnement je me suis sentie revivre, je me suis sentie bien.

Quand j’ai un coup de mou, quand je ne vais pas bien, j’ai tendance à m’isoler, à éteindre mon portable à ne répondre à personne, et à m’énerver contre toutes personnes qui me parlent. Quand je ne vais pas bien, je peux rester allongée toute la journée sur mon lit, sans rien manger, sans rien faire, sans vivre. C’est vrai que je fais souvent le choix de m’engloutir entièrement dans mon mal-être, même quand une toute petite chose me tracasse, je me laisse facilement aller. Pourtant je sais que moins je fais des choses et plus je vais mal. L’inactivité me déprime, ne rien faire n’est pas fait pour moi. Mais depuis un certain temps, j’essaie de changer ce comportement qui ne m’aide en rien. J’essaie de me mettre en action, même si c’est seulement pour aller raconter ma peine à tous les animaux que je croise, même si c’est pour me mettre à hurler contre les arbres parce qu’ils ne m’écoutent pas. J’ai un comportement irrationnel quand je suis inquiète, et quand j’ai l’esprit tourmenté et pourtant ce sont ces comportements qui m’aident à remonter les pentes.  

Mais aujourd’hui, je me suis trouvé une autre porte de secours, mon vélo, de la solitude, et de la nature, voilà ce qui m’a apaisé durant toute cette journée. Durant l’espace d’un instant, j’ai même regretté de n’avoir pas pris une tente avec moi pour ne pas à avoir à faire de demi-tour. Durant ce moment hors du temps, j’ai tout oublié, les petits tracas du quotidien, les douleurs physiques et les questions qui m’envahissent depuis quelque temps, des questions sur mes capacités de partir seule à vélo, sur le fait de laisser ma famille, mon entourage, les personnes que j’aime pour un projet égoïste, pour un voyage que je ne veux faire que pour moi. Actuellement, je remets tout en question dans ma vie. Cette journée a chamboulé beaucoup de chose en moi. Elle m’a conforté dans le choix de mon projet, et j’ai encore plus envie de partir, et je veux le faire maintenant. Je ne veux plus attendre. Je veux investir le plus rapidement dans les derniers éléments qu’ils me manquent et partir. Partir, c’est un peu comme une fuite pour moi, une fuite qui me permettrait de me sentir bien plus vivante qu’à la normal. Oui, aujourd’hui je peux vous le dire, oui je peux être sincère comme je ne l’ai jamais été, parce qu’aujourd’hui, c’est différent, tout est différent, différent, parce que je change, parce que je veux faire changer les choses et que ma vie en générale, change de plus en plus. Depuis un certain temps, je ne me sens plus vivante. Je laisse le temps passer et je survie. Je ne cherche pas à profiter de chaque instant que me donne la vie, et pourtant je sais combien chaque minute que la vie nous offre est précieuse, c’est un don que nous n’avons pas le droit de gâcher.

Durant cette journée de coupure, j’ai aussi connu mes premiers problèmes techniques, mes premières galères de cyclotouriste. Mes freins ne se relâchaient plus et ils bloquaient la roue. Je compte partir à vélo et pourtant je n’y connais rien à la mécanique. Mais avec de la débrouillardise, de la persévérance, sans avoir peur de me salir les mains et après une bonne heure de galère, j’ai réussi à le remettre sur ses roues, et je suis repartie de plus belle, fière de moi. Fière d’avoir réussi seule à réparer un morceau défaillant de ma monture. En fur et à mesure que je vissais et dévissais, que je retournais mon vélo dans tout les sens pour trouver la source du problème, j’avais l’impression de ne pas seulement réparer mon vélo, mon fidèle destrier, mais que j’assemblais les parties d’un puzzle, de mon puzzle, celui de ma vie, celui de mon avenir. En réparant mon vélo, je n’ai pas seulement réparé mon moyen de transport, mais j’ai aussi recollé les morceaux brisés qui sont en moi. Je suis dans une période, où tout change autour de moi, et où je prends conscience que je n’ai rien à perdre de me lancer les yeux fermés. J’ai réalisé que parler de moi ne pouvait pas me tuer, j’apprends chaque jour que je ne peux pas tout contrôler, ni tout garder en moi, j’apprends à lâcher prise et à agir sur un coup de tête, j’apprends à ne pas réfléchir pour ne pas paniquer à cause des répercussions de mes actes. Pour une personne comme moi, qui n’aime pas l’inconnu, qui n’aime pas quand elle n’a pas main mise sur la situation, c’est dur au quotidien, mais je vais apprendre, apprendre à me laisser aller, apprendre à accepter que tout ne se passe pas comme je l’ai choisi, et surtout apprendre à vivre sans m’inquiéter du lendemain. Je veux réapprendre à vivre, d’une façon plus saine, plus respectueuse de moi, de mon corps, et de mes émotions. Je ne veux plus avoir peur de ce que je peux ressentir, tout humain ressent des émotions, des sentiments. C’est ce qui fait de nous des êtres sociaux, c’est la chance de l’être humain, à nous d’apprendre à vivre avec, en faisant la paix avec nos propres éprouvées.

Bien à vous

Zoé