Partir

“Mieux vaut partir sans demander son reste que de rester en se demandant à quelle heure on va pouvoir partir.”
Pierre Perret

Partir ! Partir, voilà le seul mot que j’avais en tête depuis bien longtemps. Et je n’arrivais pas à le faire partir, il revenait sans cesse.

Au début ce n’était qu’une utopie, un rêve irréalisable et qui n’avait pas d’avenir possible. Peu à peu, ce rêve s’est immiscé dans ma vie, il s’est installé telle une évidence. C’était devenu mon but, mon objectif et ma raison de vivre. Je tenais dans l’espoir de réaliser un jour ce rêve. C’est lui qui me donné la force de passer tout mes examens, c’est lui aussi qui me faisait tenir quand je me sentais seule face à cette société qui ne me correspond pas.

Me voilà proche de ce rêve qui, devenait petit à petit mon projet de vie. Je ne sais pas encore si je vais aller jusqu’au bout de ce projet qui me tient réellement à cœur, mais je sais que je ferrais tout pour y arriver.

Mais Zoé, tu parles de partir, mais partir où ? Partir comment ? Partir pour faire quoi ?

Aucune idée du lieu, j’irais où mes pas me mènerons, où mon envie m’emmènera, peut-être qu’un jour je me retrouverais au Pérou, sans comprendre comment j’y serais arrivée réellement, où alors je ne sortirais jamais de l’Europe, peut-être même pas de la France. Je sais qu’au début j’aimerais rester dans une zone de confort, même minime, mais je ne veux pas m’engager comme ça dans une aventure dont j’ignore tout de son futur fonctionnement. C’est pour ça que je veux débuter mon projet en France, puis en Europe, pour peu à peu prendre mes marques, trouver mes repères, et  savoir dans quoi je m’engage.

Mais alors, partir pour faire quoi ? Partir comment ? Comment tu vas faire pour vivre ?

Que de questions, c’est pire qu’un interrogatoire que je m’impose. Partir comment ? Sûrement à Vélo avec Eyota, sans argent ou en tout cas avec le minimum pour vivre (car je ne roule pas sur l’or, je ne suis ni une riche héritière, ni issue d’une noble famille. Vivre avec le minimum pour ne pas à avoir à subir de manque, pour combler suffisamment les besoins de bases, la faim, la fatigue, l’hygiène. Comment je vais vivre et de quoi ? Du hasard, de la chance, de la confiance en l’autre. Je veux prendre mon vélo, une tente, le strict minimum pour vivre au quotidien, et me laisser guider par le destin, si tant est qu’il existe. Mais alors pourquoi partir ainsi ? Pour me retrouver, pour me ressourcer, pour me sentir enfin vivante, et pour me sentir enfin moi dans une société où je ne peux pas l’être, pas de la façon dont je le souhaite en tout cas. Partir à la rencontre de l’autre, pour apprendre à avoir confiance en lui, et surtout pour apprendre à me faire confiance. Alors oui, je ne sais pas combien de temps je compte partir, pour revenir peut-être dans le but de finir mes études qui sait. Je verrais. C’est vraiment un voyage guidé par la confiance, l’espoir, et la foi, en la vie et en l’Homme. Et surtout un voyage pour moi, et seulement pour moi. S’il vient à vous déplaire, je m’en contenterais, mais il ne changera pas selon vos envies. J’ai décidé de faire mes propres choix par moi-même, même si cela signifie aller à l’encontre de la volonté de certain.e.s.

Je sais que ce projet peut faire peur, et il me fait peur, je vous l’accorde. Il y a des jours, où je me dis que je suis folle de me lancer là-dedans, que jamais je ne pourrais aller au bout de ce projet et des jours où je me dis que je dois y aller, me lancer et voir ce qu’il adviendra de ma petite vie. Ce qui serait étrange serait de me lancer dans un tel projet et de ne pas ressentir de l’appréhension, mais je vais affronter ma peur. Un jour une sage personne (en l’occurrence ma sœur), m’a dit qu’il n’y avait pas de phobie, seulement des personnes qui n’osent pas affronter leur peur. Alors je vais affronter mes peurs, toute mes peurs, car oui, j’en ai beaucoup, et durant des années elles ont détruit mon quotidien, alors maintenant c’est à moi de me prendre en main, et de contrôler ma vie comme bon me semble, sans être constamment conseillé, même si c’est pour mon bien, je l’entends bien.

Laisser un commentaire