Non classé·Septembre

Oh Rage Et Surtout Oh Désespoir

28 Septembre

Aujourd’hui, levé sous l’humidité, ma tente a prit la rosé, et l’intérieur est tout mouillé. Je fais donc le choix de rester la matinée pour la faire sécher et en profiter pour faire une vrai lessive et faire sécher au maximum mes habits. Puis je me suis mise en route, le long du canal du Midi,c’est super beau, je passe plus de temps à regarder les écluses monter et descendre plutôt qu’à pédaler. Cette nuit encore c’est camping… Peut être qu’un jour, j’arriverais à demander seule, un logement.

Suivre des voies vertes, ce n’est pas top, je suis comme coupée du monde, ne rencontre personnes et je n’ai donc pas l’occasion de faire de belles rencontres. Peut être que je vais changer d’itinéraire… À réfléchir…

29 Septembre

Aujourd’hui, je me suis levée avec des nausées et un mal de ventre… Je ne me voyais pas monter en selle, alors j’ai pris une deuxième journée de repos, où je n’ai vraiment rien fait. La douleur m’a même empêché aller visiter le village dans lequel je me trouve. J’ai fait la larve, toute la journée… J’ai écouté la radio pour la première fois depuis mon debut de voyage, j’ai entendu les infos, il n’y a jamais rien de bien joyeux, mais c’est tout de même rassurant de se retrouver de nouveau confronté à la réalité, à la vie « lambda », de constater que le monde ne s’arrête pas de tourner malgré mon voyage, que la vie continue comme si de rien n’était.

Par rapport à ma tente, ce matin il y avait des flaques d’eau de partout, je pense que mon prochain investissements est une bonne tente bivouac… C’est vite cher ces petites choses.

Aujourd’hui, ma solitude m’a bien moins pesé, je l’ai même trouvé agréable, comme j’avais mal, j’ai fait que ce que je voulais, lorsque le bruit me gênait, j’éteignais tout les bruits, et sinon j’écoutais la radio.

Demain, je ne me laisse pas le choix, je reprends la route. Même si la douleur est encore là, elle finira bien par partir. Je ne suis pas en voyage pour ne rien faire de ma vie.

30 septembre

J’ai commencé la journée dans la douleur, reprendre le vélo fut dur pour mes petite jambes, mais j’ai malgré tout trouvé un rythme, malgré la complexité de la route, trop de cahot, trop d’irrégularités, mon allure en est ralentie. Première galère, je dirais vers 9h, je me trouve a un croisement, j’ai le choix prendre un chemin qui longe le canal du midi mais qui est tout serré et à l’air mal en point ou je monte sur ma route. Je choisis la dernière option. Mais une fois là haut, encore un croisement, trop de route, je ne sais pas laquelle longe le plus le canal. Je vois alors que le tout petit chemin terre mène à un tunnel. Je m’excuse d’avance auprès de mon vélo et fait demi-tour pour voir ce qu’il en est… Le chemin est dur, mais j’y arrive (en manquant de peu de tomber à l’eau…), arrivée au tunnel, je dois me rendre à l’évidence que le chemin n’est pas assez large pour mon vélo, donc je refais le chemin à sens inverse et à reculons, car pas de place pour faire demi-tour avec tout mon bardas. Je remonte alors sur la route, et prend alors la route qui me semble longer le canal, après 10 minutes je dois me rendre de nouveau à l’évidence, le chemin n’existe plus… Alors de nouveau demi-tour, je retourne encore au croisent pour choisir une autre route, qui cette fois fut la bonne. Tout au long de la journée se ne fut que ça, des aller retours inutiles et fatiguant… Puis à l’heure de chercher un endroit où dormir, je ne trouve aucun camping… Je cherche alors un substitut mais n’en trouve pas… La nuit commence à tomber, je dois me rendre à l’évidence, je n’ai nul par où dormir si ce n’est en camping sauvage… Mais seule j’ai peur, je l’ai fait avec Léna, mais avec elle, tout était si simple, tout était différent… La nuit est là, je n’ai pas le choix, j’ai essayé de demander l’hébergement mais j’ai paniqué et fini la discussion par un « bonne soirée » et je suis partie comme une sauvage… Alors je retourne au bort du canal et y plante ma tente. Je suis horrifiée, terrorisée au moindre bruit… Alors oui, je fonds en larme, finalement Léna me demande où j’en suis, c’est une bénédiction, ce message était une bénédiction, je n’ai plus guère de batterie, mais qu’importe j’ai besoin de parler… Je n’ai pas envie de m’apitoyer sur mon sort, mais je l’appelle, je la retrouve égale à elle même, elle me rassure sur l’existence des choses invisibles et surtout me dit de profiter de ma chance que j’ai d’avoir 4 bras et 4 jambes. (!?) Elle me fait rire, tout en moi est dévasté et elle trouve le moyen de me faire oublier ma peur, même si ce n’est que l’espace d’un instant… Et je n’ai plus de batterie, je me retrouve de nouveau seule face à tout ça… Je me promets que si je m’en sors vivante (car oui je n’y croyais plus…), j’arrêterais mon voyage, je reprendrais une vie lambda, même si elle ne me plaît pas… Et puis finalement je m’endors, étonnamment vite et d’un bon sommeil, jusqu’à 5 heures du matin ou je me fais réveiller par des travaux, je dois alors partir, alors me voilà, seule dans la nuit à pédaler et à me crisper sur le guidon me martelant en tête que je m’étais promit de ne pas rouler de nuit… Et une voix dans ma tête, celle qui est horrifiée essaie de me rassurer en répétant comme un mantra « S’il n’y a pas de lumière, c’est qu’il n’y a pas d’homme, le seul danger que tu crains c’est l’homme, s’il n’y a pas de lumière, c’est qu’il n’y a pas d’homme, le seul danger que tu crains c’est l’homme… ». Finalement j’ai la récompense de tout ça, j’assiste au lever du soleil, qui éloigne bien vite mes promesses de m’arrêter, et je remercie le ciel de m’avoir lever si tôt, pour assister à tout ça. Être en voyage c’est aussi ça, passer d’émotions en émotions, sans que cela nous choque. Finalement j’arrive vite à Carcassonne, mais à peine arrivé, il se met à pleuvoir des cordes, je prends conscience que je n’ai pas de tente adapté, elle prend déjà l’humidité alors qu’en est-il de la pluie ? Je ne veux pas le savoir, et je dépense une fortune dans une nouvelle tente, je n’ai plus le choix de vivre sans argent, je n’aurais sinon pas les moyens… Ce soir c’est camping, mais c’est le dernier, profite Zoé, profite le luxe c’est fini, dès demain tu te bouges et tu oses demander, parler n’a jamais tué et ce n’est pas avec toi que ça va commencer !

Bien à toi

Non classé·Pas à pas

Le Stress

Ah le stress, le stress… Chez moi, il s’exprime de plein de manières différentes, et je crois que peu à peu, toutes se declanchent. J’ai la mâchoire qui se crispe, de l’eczéma aux mains, des mycoses aux pieds, je fais de nombreuses crises d’angoisse, et ce matin je me suis réveillée avec le nez en sang. Je pense que ce n’est pas la dernière manifestation de mon angoisse.

Quel chance de m’inquiéter autant pour ce départ ! Oui un départ, ce n’est pas tout beau tout rose. Ce n’est pas que l’excitation de partir, la joie de concrétiser son rêve, l’impatience de se mettre en route, mais c’est aussi la peur de ne pas y arriver, l’inquiétude de n’être pas à la hauteur, et surtout les au-revoir… Depuis quelques temps, lorsque je quitte quelqu’un, ce n’est plus les au-revoir « lambda » mais ce n’est que des « bon courage », « tiens-nous au courant », « fais attention à toi » etc. et parfois des larmes… Je ne sais pas comment réagir dans ces situations, je suis mal à l’aise de mettre mon entourage dans cette position, et à chaque fois, je me sens de plus en plus égoïste de partir ainsi !
C’est le mois de la rentrée pour la plupart des personnes et c’est la première rentrée que je ne ferais pas ! C’était mon quotidien durant des années, et j’ai fait le choix de changer ces habitudes. C’est étrange d’entendre tout le monde parler de ça, alors que pour la première fois de ma vie, cela ne me concerne pas !

Le jour J approche, je le sens de plus en plus, j’ai hâte en même temps qu’être terrorisée, parfois je me dis que se serait plus simple de partir maintenant sur un coup de tête, mais je reviens à la réalité, je ne peux pas partir sans dire au revoir à mon entourage ! Le voyage est là.

Bien à toi