Non classé·Octobre

Que Dire ?

10 Octobre

Je me suis (enfin) éloignée du canal,c’était très beau comme paysage, j’ai adoré voir les écluses et parler à chaque bateau de croisière, mais après 2 semaines à le longer, c’était lassant. Bon je retombe vite à la réalité, il y a de nouveau des descentes, mais surtout des montées. Me voilà au beau milieu d’un col, je désespère un peu, j’admets qu’à un virage, lorsque j’ai constaté que c’était encore de la montée, j’ai fondu en larme, c’était bête et inutile, mais la fatigue physique se fait ressentir, d’autant plus que je me trimballe avec 2 tentes, et un peu trop de choses inutiles que je compte laisser chez mon frère, car je dois bien porter plus de 25 kilos je dirais… Me ressaisissant, je repars de plus belle, je me suis dis que j’allais jusqu’à Bordeaux aujourd’hui, j’y serais…. En chemin, un monsieur (assez âgé) me propose de goûter son rosé pamplemousse »le meilleur de tout les temps, car c’est moi qui le fait », comment refuser ? Me voilà à goûter son vin, qui est ma foi, pas mauvais du tout. J’apprécie cette compagnie, j’apprécie d’avoir enfin une vrai discussion avec quelqu’un, et j’apprécie vraiment cet homme, Jean-Paul (et son vin aussi !!). Il a rendez-vous alors notre rencontre s’arrête là, mais le souvenir perdure, et le mal de tête me rappelle cette rencontre, je n’ai vraiment pas l’habitude de boire, encore moins à jeun ni lorsque le soleil tape. Je me remets en chemin, j’ai un objectif à atteindre ! A 19h, il me reste encore presque 2 heures de route pour arriver à cette ville. J’appelle ma meilleure amie, je m’inquiète un peu, une fois à Bordeaux, je dormirais où ? Se sera trop tard pour demander l’hébergement, alors je lui demande de chercher un camping, qu’elle ne trouve malheureusement pas, elle trouve un hôtel peu cher, mais que je n’arrive pas à joindre… Tant pis, ce ne sera pas à Bordeaux que je dormirais, mais en camping sauvage, dans un endroit plein d’orties, et de trou, ma tente est mal placée, je dormirais donc les fesses dans une ornière, mon dos me le rappellera régulièrement durant le lendemain.

11 octobre

Aujourd’hui, c’est mon premier mois de voyage, ça fait un mois que je vie ainsi, et il est vrai que là, maintenant, je ne regrette pas de mettre lancée. J’arrive alors de bon matin à Bordeaux, enfin j’y suis. J’ai mal dormit, j’ai eu très froid, et j’ai très mal au dos… Mais je suis à Bordeaux !! Je ne rentre pas dans la ville car il y a trop de voiture, j’ai peur de ne pas être assez attentive, être en ville à vélo ne m’a pas laissé que de bonnes expériences à Lyon, alors tant pis, je poursuis ma route sans voir cette ville tant désirée. Je croise un couple de cycliste sur le bort de la route, qui a un vélo retourné à côté d’eux, je demande s’ils ont besoin d’aide. La madame répond qu’ils cherchent désespérément une pompe, je leur propose la mienne. Je sais que je n’ai pas fait grand chose et pourtant dans leurs regards, j’étais là sauveuse du jour.

Le reste de la journée est calme, je me pose dans un petit camping pour respecter mon contrat, je viens de passer une « ville-étape » alors j’ai le droit à ce petit plaisir, et j’en suis ravie.

12 Octobre

Nuit très agitée, à partir de 2h, je n’ai pas pu refermer l’oeil de la nuit, aucune idée de la cause. Alors c’est de mauvaise humeur que je remonte à vélo. Je me dis que ça doit être une journée courte. En chemin, je croise un homme, âgé qui m’interrompt dans ma course, il veut en savoir plus, tout en me laissant que peu de temps pour parler. De la rue il hurle à sa femme qu’il faut qu’elle vienne (et hurler est un terme bien faible comparé aux cris du monsieur). Elle aussi se passionne de mon voyage, tout en me parlant de ce qu’elle a lu/vu. La discussion se tasse, ils me souhaitent une bonne continuation et un bon voyage. J’enfourche de nouveau ma monture et appuis sur la pédale. A ce moment-là j’entends « Ça te dis un petit billet ? », n’étant pas certaine de ce que j’avais entendu, je demande de répéter, il me précise alors « oh ne t’attends pas à un billet vert, mais pour te soutenir ». Tellement surprise, je ne me souviens même pas avoir énoncé le côté sans-argent de mon voyage, que je refuse, tout en lui disant que sa proposition me touche beaucoup mais je ne peux pas accepter. Dans ma stupéfaction, je ne lui demande même pas s’il n’aurait pas plutôt de quoi manger, je ne lui demande même pas son prénom… Je repars en lui hurlant à mon tour un « Merci beaucoup quand même ». Je suis étonnée qu’il m’ait proposer de l’argent, comme ça, sans raison, juste parce que j’étais une cyclotouriste, sans même avoir expliqué que c’était du sans-argent. Je n’arrive pas à savoir si je suis touchée, étonnée, ou intriguée, peut-être que c’est un mélange de tout ça. En tout cas, je regrette de n’avoir pas prit le temps de lui expliquer mes besoins, s’il souhaitait vraiment m’offrir quelque chose…

Je repars assez intriguée par cette rencontre mais mon humeur n’est toujours pas au beau fixe. Alors j’écoute de la musique tout en pédalant. Elle m’entraîne loin, assez pour que j’oublie mes douleurs physiques (car après une belle chute mon poignet ne s’en remet toujours pas, j’ai du mal à le poser sur le guidon…), j’en oublie que je suis de mauvaise humeur et avance. Je ferais ainsi une 30aine de kilomètres. Puis je me dis que comme j’en ai ras-le-bol, je vais faire une journée courte et trouver un endroit pour ma tente. Mais me voilà en pleine camargue, oui, oui de la Camargue en Poitou, en tout cas, on s’y croirait presque, hormis les chevaux qui ne sont pas blanc, il y a les vaches, les taureaux, les canaux, le décors aride et sec. Dans un tel paysage, aucune possibilité de poser ma tente. Alors je continue, les kilomètres déroulant sur mon compteur, 50, 60, 70, jamais je n’ai fait autant, 83 kilomètres avant de (enfin) trouver un lieu calme pour y planter ma tente, heureusement car la nuit commence déjà à tomber, alors qu’il n’est que 17 heure, l’hiver arrive, je dirais…

13 Octobre

Rien à dire, je n’ai que peu avancé… Et je n’ai pas fait grand chose hormis lire dans un parc. Puis je suis allée planter ma tente non loin de la veille.

14 Octobre

Aujourd’hui j’avance ! Je fais alors du 20km/h, j’ai envie d’arriver dans deux jours ! En chemin je croise deux cyclistes, Guillaume et… (Bien incapable de me rappeler de son prénom, si tu passes par là rappelle le moi 😉). C’était une rencontre très agréable, ils sont woofers et se rendent de ferme en ferme à vélo, ils sont pour le moment dans une ferme sur les bords de la Gironde et repartent après en direction du Limousin. J’aime ces rencontres inattendues !

Un personne croisée me conseille de me mettre à l’abri, ils prévoient tempête. Mon objectif est alors d’atteindre Royan avant la pluie… Mais je n’y arriverais pas, alors malgré la pluie qui claque, le tonnerre grondant et le vent qui fouette, j’avance tant bien que mal jusqu’à Royan, où je craque de nouveau pour un camping… Je suis trempée jusqu’aux os et j’ai froid… Mais je suis heureuse dans deux jours je serais chez mon frère !

Non classé·Octobre

Motivation, Motivation !

09 Octobre

Je traine encore ce matin, je traine mais je me force, il faut que je m’y remette. Alors me revoilà sur les routes, j’ai plaisir à retrouver ce mode de vie, j’ai même un bon rythme. Puis je me « perds », je ne retrouve plus le canal, et je me rends compte que j’ai vraiment bien plus de plaisir à rouler hors d’une voie verte, le paysage est plus varié, mon attention est plus focalisée sur ce que je fais, je rencontre des personnes autres que des cyclistes, la route n’est ni droite, ni lisse… Finalement je retrouve le canal et avec lui, la voie verte. Bon je vais en profiter, d’après la carte, demain je n’aurais plus de voie verte, alors j’y reste dessus. Dès 16 heures, je cherche un endroit pour dormir, et puis je me ressaisis, si je veux être à Bordeaux demain, il faut que je pédale plus et plus vite, alors c’est ce que je fais, et me voilà à faire du 16 km/h. Je roule bien, et finalement j’apprécie vraiment avoir un but, celui d’avancer le plus possible pour arriver à Bordeaux, peut être que je me donne des étapes trop espacées… Déjà 19h, et je ne vois aucun petit espace à l’horizon qui pourrait me permettre de planter ma tente, alors je continue, à la même allure. Finalement après une demie heure de pédale intensive, je trouve un recoin. J’y planté ma tente. Je suis heureuse, heureuse de ne pas avoir baissé les bras, heureuse de continuer, heureuse de bientôt attendre Bordeaux. Heureuse, tout simplement. J’aimerais malgré tout partager ce bonheur avec quelqu’un…

Non classé·Septembre

Solitude

27 septembre

Je ne te raconterais pas les jours qui viennent de s’écouler, je n’arrive pas à mettre de mot dessus. C’était les derniers jours de voyages avec Léna et je ne veux pas les partager, ni les mettre en mot nul part, pas même dans mon carnet de voyage, je veux qu’ils restent seulement gravés dans ma mémoire et que j’en garde que le meilleur. Mais je te promets qu’un jour, je te parlerais d’elle, de ça patience et surtout de sa joie.

Du coup, mon périple se continue seule. Je ne pensais pas que je pourrais souffrir de la solitude et pourtant… Pour le moment je n’arrive pas à différencier la solitude du manque, Léna me manque, tout me manque, tour ces moments que l’on partagé, les repas, les temps de pause, les galères, les rencontres, les nuits etc. En fait nous partagions tout, et pour vous dire, dormir seule m’a été dur la première nuit, je n’ai plus l’habitude… Je n’ai plus l’habitude de vivre seule et pourtant à Lyon je le faisais bien…. J’espère que je retrouverais vite mes habitudes de solitaire, sinon mon voyage risque d’être écourté. Pour le moment je ne profite que peu, être seule me pèse trop.

Si tu veux avoir ce petit bout de chemin parcouru avec Léna, elle a un compte Instagram et y a bien décrit notre quotidien, je te laisse aller le voir si tu veux ! C’est 0livier (attention avec un zéro et pas un o) Léna. Bon les publications vont cesser d’être commune mais jusqu’alors elles l’étaient !

Mais je continue, je verrais bien, je vais en direction de La Rochelle, pour aller chez mon frère et mes nièces.

Bon et si je te racontais ma journée, c’est ma deuxième journée seule, et pourtant j’ai autant galéré que la veille. Je n’ai fait que de me perdre, dans toute les zones possibles, je me suis retrouvée entre deux étangs, un chemin pas plus large qu’un Homme. Je pense qu’à pied déjà, j’aurai eu peur de tomber mais avec un vélo en plus, je ne te dis pas, je n’en menais pas très large. Je me suis perdue aussi dans les villes, et dans la campagne. En fait de partout je me suis perdue. J’ai même dû appeler mon meilleur ami pour lui demander où j’en étais de mon chemin. Sans internet et surtout sans gps la vie de cycliste n’est pas tout les jours facile… Je suis sûre que te attends le positif, il n’est pas tout de suite. Imagines, il est 15h, je roulais depuis environ 7 heures, et j’avais faim, mais ma sacoche alimentaire est vide. Je cherche désespérément un magasin, finalement je me rends dans une zone industrielle, pour trouver de quoi manger. Avoir faim et pédaler, ce n’est pas le pied. Je rencontre un québécois qui voyage à vélo aussi, il est venu en France pour 3 semaines et à déjà presque fait le tour de la France, il doit faire 100 km par jour,nous n’avons pas le même physique, mais parler avec lui était agréable, c’était ma seule vrai discussion de la journée alors évidemment je l’ai savouré.

Et maintenant le positif ?! Je suis arrivée dans un petit village, où je me suis dit qu’il y ferait bien d’y dormir. Je ne vois pourtant nul part où planter ma tente. Je vais à l’Office de tourisme, je présente mon projet, le sans argent etc. Elles sont emballées, mais ont très peur pour moi, d’après elles, dans le petit village où je me trouve, il y a beaucoup de squat illégal et c’est un peu dangereux, surtout pour une femme seule (je me retrouve de nouveau confronté à ma féminité…). Alors elles appellent… Elles appellent tout les camping pour savoir les prix, leurs expliquent mon projet, leurs présentent les risques que j’ai à dormir en camping sauvage, leurs disent qu’elles ne peuvent pas me laisser ainsi, seule et sans lieu sécurisé. Finalement un camping accepte de me faire un prix, 10 € la nuit au lieux de 17 €, une offre en or, un camping en or mais surtout des madames en or. Elles ont passé près d’une demi-heure à me chercher un camping et ont finalement obtenu ce qu’elles voulaient, je dors en sécurité. Merci à elle du font du coeur. En sécurité, avec piscine, accès privé sur la plage, et donc la mer, et aussi un camping presque rien que pour moi, nous ne sommes que 5, je dirais. En même temps, ils ferment demain.

J’ai eu beaucoup de chance. Mais au moment de monter ma tente, j’en ai un peu moins, elle casse, mais vraiment nette, je ne vais pas avoir le choix que de la changer, à part si la pièce qui a cassé se trouve dans les magasins de sport… Mais j’en doute, à voir…