Non classé·Octobre

Le Moral est Bas

05 Octobre

Aujourd’hui, levé difficile, j’ai mal de partout, et je ne veux pas sortir de mon duvet pourtant je n’en ai pas le choix, je suis en camping sauvage, et donc je dois plier bagage avant le lever du soleil…

J’ai rejoint un chemin de St Jacques de Compostelle, et j’ai le plaisir de régulièrement m’arrêter pour parler aux pèlerins. Journée où je compte les kilomètres, je me suis interdite de faire moins que 50 km, sinon je m’arrêterais tout le temps, pour un oui ou pour un non. Alors je compte, encore 20, encore 10… Arrivée à 50 kilomètres, j’en ai mar, je n’en peu plus, j’ai mal de partout mais surtout j’ai froid, je prends alors conscience que j’ai sans doute de la fièvre ! Au top… Je me pose dans un jardin public et attends, je ne sais pas quoi faire, je n’ai pas le courage de demander un hébergement, je n’ai pas le courage de chercher quoi que se soit… Je suis à côté d’une boulangerie, et l’idée me vient d’attendre sa fermeture pour demander les invendus, mais elle ferme à 20h, alors je fais demi-tour, et me pause à un endroit que j’avais repéré un peu avant… J’attends que la nuit tombe pour planter ma tente, c’est dur, je n’ai qu’une envie me glisser dans mon duvet chaud… Et dormir… J’ai mal à la tête et je suis fatiguée, je dirais qu’une bonne crève se prépare !

06 Octobre

Le moral est toujours bas, je ne sais pas réellement pourquoi mais je n’ai aucune motivation. Alors je fais une pause dans un parc avec wifi, WC et robinet. J’y fais ma toilette, ma lessive, ma vaisselle et une loooongue pause. Après manger, je repars, mais en imaginant déjà la fin de journée, j’ai envie de craquer, et regarde les campings les plus près. Je me dirige vers l’un d’eux… Je sais que ce n’est pas bien mais je n’ai pas envie de chercher où dormir, j’ai envie de calme et de sérénité… Finalement un panneau m’intrigue, indiquant une aire de camping gratuite avec électricité, WC et douche. Intriguée je m’y rends, et c’est juste parfais, tout marche, il y a même de l’eau chaude, et tout ça gratuitement… Je suis sûre qu’il y a quelqu’un là haut, qui fait tout pour m’aider ce n’est pas possible… Alors ce soir je songe à rester une journée dans ce lieu parfait pour me reposer (encore ^^) et surtout chercher de l’énergie, de la motivation et de la passion dans ce voyage. Est-ce seulement une maladie que je couve, où est-ce le voyage en lui-même ?…

Depuis un certain temps, j’ai remarqué que mon entourage ne me parle plus beaucoup d’eux… Comme si la distance faisait que je ne peux être là pour eux… Cela me gène que mon voyage mette autant de distance entre eux et moi, je n’y croyais pas, et maintenant cette distance me fait peur… J’ai peur qu’à faire trop l’égoïste, mon entourage se lasse de moi… J’ai peur de briser quelque chose auprès des personnes que j’aime, seulement pour un voyage… Est-ce trop égoïste ? Sûrement…

07 et 08 Octobre

Rien à dire de ces deux jours, je suis restée dans l’aire de camping, et j’ai pris du temps pour moi, du temps de réflexion, est-ce que je souhaite réellement poursuivre mon voyage ? Je n’ai pas encore trouvé de véritable réponse à cette question, mais si je me la pose, c’est déjà qu’il y a quelque chose en moi qui doute… J’aime ce que je vie, c’est indéniable pourtant la solitude me pèse, cela va faire 3 jours que je n’ai parlé à personne, 3 jours de silence (si ce n’est la radio), 3 jours d’isolement, s’en est trop… J’ai besoin de parler, j’ai besoin de raconter, j’ai besoin de me sentir exister dans le regard d’un autre… J’ai l’impression de devenir une hermite, contre mon gré, j’ai l’impression de ne plus faire partie de la société, j’ai l’impression de ne plus être un Humain, d’être en dehors de tout, de ne plus exister… Oui aujourd’hui si j’aurai eu les moyens de dire stop, je l’aurais fait, si j’aurais eu le cran, je serais retournée à Agen pour prendre un train en direction de la Drôme… Mais je n’ai pas le courage de baisser les bras, je n’ai pas la force de renoncer, je n’ai sans doute pas non plus l’envie… J’ai juste envie de me sentir de nouveau vivante, parler d’un rien avec quelqu’un, parler avec une véritable personne (et non mon paquet de pâte), raconter mes doutes, mes peurs, mes joies, mes peines, mes souvenirs, raconter ce que je vis, qui n’existe qu’au travers de mes yeux… Voyager seule… Je me demande si dès le début, mes premiers pas aurait été seule, je ressentirais ces besoins et ces doutes… Je sais que je vais aller jusqu’à La Rochelle, puis je retournerais dans la Drôme, mais est ce qu’après les fêtes, j’aurais le courage de poursuivre mon aventure ? Pour le moment la réponse est mitigé, non bien sûr que non, je veux rester auprès de ma famille, arrêter d’avoir ce manque en moi, mais je ne veux pas renoncer à ma liberté, à ce mode de vie que j’apprécie de plus en plus, je ne peux me résoudre à quitter cette vie, qui m’apporte tant. Et pourtant je dois faire un choix…. Mais le manque est présent, ma famille manque, mes ami.e.s me manquent, mon quotidien me manque, le confort me manque. À chaque message, à chaque appel que je reçois, mon coeur se serre un peu plus. Je me sens seule à l’autre bout de la France, je me sens seule et inutile…

Non classé·Septembre

Oh Rage Et Surtout Oh Désespoir

28 Septembre

Aujourd’hui, levé sous l’humidité, ma tente a prit la rosé, et l’intérieur est tout mouillé. Je fais donc le choix de rester la matinée pour la faire sécher et en profiter pour faire une vrai lessive et faire sécher au maximum mes habits. Puis je me suis mise en route, le long du canal du Midi,c’est super beau, je passe plus de temps à regarder les écluses monter et descendre plutôt qu’à pédaler. Cette nuit encore c’est camping… Peut être qu’un jour, j’arriverais à demander seule, un logement.

Suivre des voies vertes, ce n’est pas top, je suis comme coupée du monde, ne rencontre personnes et je n’ai donc pas l’occasion de faire de belles rencontres. Peut être que je vais changer d’itinéraire… À réfléchir…

29 Septembre

Aujourd’hui, je me suis levée avec des nausées et un mal de ventre… Je ne me voyais pas monter en selle, alors j’ai pris une deuxième journée de repos, où je n’ai vraiment rien fait. La douleur m’a même empêché aller visiter le village dans lequel je me trouve. J’ai fait la larve, toute la journée… J’ai écouté la radio pour la première fois depuis mon debut de voyage, j’ai entendu les infos, il n’y a jamais rien de bien joyeux, mais c’est tout de même rassurant de se retrouver de nouveau confronté à la réalité, à la vie « lambda », de constater que le monde ne s’arrête pas de tourner malgré mon voyage, que la vie continue comme si de rien n’était.

Par rapport à ma tente, ce matin il y avait des flaques d’eau de partout, je pense que mon prochain investissements est une bonne tente bivouac… C’est vite cher ces petites choses.

Aujourd’hui, ma solitude m’a bien moins pesé, je l’ai même trouvé agréable, comme j’avais mal, j’ai fait que ce que je voulais, lorsque le bruit me gênait, j’éteignais tout les bruits, et sinon j’écoutais la radio.

Demain, je ne me laisse pas le choix, je reprends la route. Même si la douleur est encore là, elle finira bien par partir. Je ne suis pas en voyage pour ne rien faire de ma vie.

30 septembre

J’ai commencé la journée dans la douleur, reprendre le vélo fut dur pour mes petite jambes, mais j’ai malgré tout trouvé un rythme, malgré la complexité de la route, trop de cahot, trop d’irrégularités, mon allure en est ralentie. Première galère, je dirais vers 9h, je me trouve a un croisement, j’ai le choix prendre un chemin qui longe le canal du midi mais qui est tout serré et à l’air mal en point ou je monte sur ma route. Je choisis la dernière option. Mais une fois là haut, encore un croisement, trop de route, je ne sais pas laquelle longe le plus le canal. Je vois alors que le tout petit chemin terre mène à un tunnel. Je m’excuse d’avance auprès de mon vélo et fait demi-tour pour voir ce qu’il en est… Le chemin est dur, mais j’y arrive (en manquant de peu de tomber à l’eau…), arrivée au tunnel, je dois me rendre à l’évidence que le chemin n’est pas assez large pour mon vélo, donc je refais le chemin à sens inverse et à reculons, car pas de place pour faire demi-tour avec tout mon bardas. Je remonte alors sur la route, et prend alors la route qui me semble longer le canal, après 10 minutes je dois me rendre de nouveau à l’évidence, le chemin n’existe plus… Alors de nouveau demi-tour, je retourne encore au croisent pour choisir une autre route, qui cette fois fut la bonne. Tout au long de la journée se ne fut que ça, des aller retours inutiles et fatiguant… Puis à l’heure de chercher un endroit où dormir, je ne trouve aucun camping… Je cherche alors un substitut mais n’en trouve pas… La nuit commence à tomber, je dois me rendre à l’évidence, je n’ai nul par où dormir si ce n’est en camping sauvage… Mais seule j’ai peur, je l’ai fait avec Léna, mais avec elle, tout était si simple, tout était différent… La nuit est là, je n’ai pas le choix, j’ai essayé de demander l’hébergement mais j’ai paniqué et fini la discussion par un « bonne soirée » et je suis partie comme une sauvage… Alors je retourne au bort du canal et y plante ma tente. Je suis horrifiée, terrorisée au moindre bruit… Alors oui, je fonds en larme, finalement Léna me demande où j’en suis, c’est une bénédiction, ce message était une bénédiction, je n’ai plus guère de batterie, mais qu’importe j’ai besoin de parler… Je n’ai pas envie de m’apitoyer sur mon sort, mais je l’appelle, je la retrouve égale à elle même, elle me rassure sur l’existence des choses invisibles et surtout me dit de profiter de ma chance que j’ai d’avoir 4 bras et 4 jambes. (!?) Elle me fait rire, tout en moi est dévasté et elle trouve le moyen de me faire oublier ma peur, même si ce n’est que l’espace d’un instant… Et je n’ai plus de batterie, je me retrouve de nouveau seule face à tout ça… Je me promets que si je m’en sors vivante (car oui je n’y croyais plus…), j’arrêterais mon voyage, je reprendrais une vie lambda, même si elle ne me plaît pas… Et puis finalement je m’endors, étonnamment vite et d’un bon sommeil, jusqu’à 5 heures du matin ou je me fais réveiller par des travaux, je dois alors partir, alors me voilà, seule dans la nuit à pédaler et à me crisper sur le guidon me martelant en tête que je m’étais promit de ne pas rouler de nuit… Et une voix dans ma tête, celle qui est horrifiée essaie de me rassurer en répétant comme un mantra « S’il n’y a pas de lumière, c’est qu’il n’y a pas d’homme, le seul danger que tu crains c’est l’homme, s’il n’y a pas de lumière, c’est qu’il n’y a pas d’homme, le seul danger que tu crains c’est l’homme… ». Finalement j’ai la récompense de tout ça, j’assiste au lever du soleil, qui éloigne bien vite mes promesses de m’arrêter, et je remercie le ciel de m’avoir lever si tôt, pour assister à tout ça. Être en voyage c’est aussi ça, passer d’émotions en émotions, sans que cela nous choque. Finalement j’arrive vite à Carcassonne, mais à peine arrivé, il se met à pleuvoir des cordes, je prends conscience que je n’ai pas de tente adapté, elle prend déjà l’humidité alors qu’en est-il de la pluie ? Je ne veux pas le savoir, et je dépense une fortune dans une nouvelle tente, je n’ai plus le choix de vivre sans argent, je n’aurais sinon pas les moyens… Ce soir c’est camping, mais c’est le dernier, profite Zoé, profite le luxe c’est fini, dès demain tu te bouges et tu oses demander, parler n’a jamais tué et ce n’est pas avec toi que ça va commencer !

Bien à toi

Non classé·Pas à pas

Demain

« Nous sommes des oiseaux de passage, demain nous serons loin. » Proverbe tzigane


Je pars bientôt, le départ approche bien vite, il arrive, c’est demain que je mets les voiles ! Finalement, j’ai fait le choix de partir plus tôt que prévu, car l’attente était insupportable. Je passe mes journées à attendre que les jours s’accélère, c’était devenu invivable, pour moi mais aussi pour mon entourage. Cette attente fait remonter toutes mes inquiétudes, toutes mes peurs et tout mes doutes, je suis devenue une boule de nerf, tout ça parce que j’attends de pouvoir enfin prendre mon vélo et partir.

Demain je suis sur les routes, demain à la même heure, je pédalerai sûrement ! Je ne réalise pas encore l’énormité de la situation, je n’ai pas encore pris conscience de la chose, j’ai l’impression que plus le temps passe et moins je réalise ce qu’il va se passer demain.

Demain c’est le début d’un rêve, demain, c’est le premier jour d’un long voyage, je l’espère. Je n’ai pas de mot pour décrire l’état dans lequel je suis, je n’ai même pas envie de les chercher. Je suis bien, je suis bien mais au fond de moi l’inquiétude grandit, je suis impatiente mais en même temps je redoute ce moment fatal, je suis surexcitée, mais elle est aussi là pour cacher ma tristesse des au-revoir. J’ai envie de partir sans dire au-revoir, c’est très égoïste et je ne le ferais pas, mais je sais très bien que ma mère va pleurer, et que je ne vais pas non plus en être loin. Je n’aime pas ça, je n’ai pas envie de cette étape, je souhaite juste partie le plus vite possible pour éviter ce mal-être.

Demain je pars pour l’inconnu et je suis horrifiée.

Demain je pars pour l’aventure et je suis impatiente.
Demain je pars pour un périple et je ne veux pas revenir en arrière.
Demain je pars.

Bien à toi

Non classé·Pas à pas

Le Stress

Ah le stress, le stress… Chez moi, il s’exprime de plein de manières différentes, et je crois que peu à peu, toutes se declanchent. J’ai la mâchoire qui se crispe, de l’eczéma aux mains, des mycoses aux pieds, je fais de nombreuses crises d’angoisse, et ce matin je me suis réveillée avec le nez en sang. Je pense que ce n’est pas la dernière manifestation de mon angoisse.

Quel chance de m’inquiéter autant pour ce départ ! Oui un départ, ce n’est pas tout beau tout rose. Ce n’est pas que l’excitation de partir, la joie de concrétiser son rêve, l’impatience de se mettre en route, mais c’est aussi la peur de ne pas y arriver, l’inquiétude de n’être pas à la hauteur, et surtout les au-revoir… Depuis quelques temps, lorsque je quitte quelqu’un, ce n’est plus les au-revoir « lambda » mais ce n’est que des « bon courage », « tiens-nous au courant », « fais attention à toi » etc. et parfois des larmes… Je ne sais pas comment réagir dans ces situations, je suis mal à l’aise de mettre mon entourage dans cette position, et à chaque fois, je me sens de plus en plus égoïste de partir ainsi !
C’est le mois de la rentrée pour la plupart des personnes et c’est la première rentrée que je ne ferais pas ! C’était mon quotidien durant des années, et j’ai fait le choix de changer ces habitudes. C’est étrange d’entendre tout le monde parler de ça, alors que pour la première fois de ma vie, cela ne me concerne pas !

Le jour J approche, je le sens de plus en plus, j’ai hâte en même temps qu’être terrorisée, parfois je me dis que se serait plus simple de partir maintenant sur un coup de tête, mais je reviens à la réalité, je ne peux pas partir sans dire au revoir à mon entourage ! Le voyage est là.

Bien à toi

Non classé·Pas à pas

L’Evénement Declancheur

La violence verbale est la première étape de la violence générale contre les femmes.”
Isabelle Alonso

Aujourd’hui je vais vous parlez de ce qui m’a donné de courage de concrétiser ce projet. Depuis déjà bien des années, ce rêve est là, il me suit et je savais qu’un jour j’allais le mettre à exécution. Mais je repoussais toujours la date butoir, au début, c’était une fois que j’aurai mon bac, puis une fois que j’aurai assez d’argent, puis une fois que j’aurai mon master.

J’avais envie de le réaliser, mais ça me terrifiée tellement que je trouvais des excuses pour ne pas aller jusqu’au bout. Mais cette année tout à changeait, je ne supportais plus les cours, y aller était un vrai calvaire, je ne me voyais pas continuer un an encore. Je veux mon master, car je sais que je veux devenir psychologue, mais une pause ne me fera que du bien. Ce n’est pourtant pas ce raz le bol qui m’a poussé à le lancer, il y eu un évènement qui a accéléré les choses, un évènement qui m’a tellement travaillé qu’il a tout précipité !

C’était un soir de semaine, où rien ne sortait réellement de l’ordinaire, je rentrais en tramway de l’aide au devoir, que je donnais à des enfants de quartier, et je me suis faite agressée. Une agression presque banale, je dirais. Un groupe de jeune qui avaient bien trop bu sont rentrés dans la rame. J’étais un peu isolée dans la rame, ils ont commencé à me draguer, puis m’insulter, puis à faire des choses obscènes avec leur corps, et à essayer de mettre leurs mains sur moi !

J’étais terrifiée, bref plus de peur que de mal, ce n’est pas aller plus loin, mais j’ai été sous le choc durant un certain temps. Puis j’ai pris conscience que si je pouvais me faire agresser dans mon petit quotidien, ce n’est donc pas plus dangereux de se lancer dans un projet fou. Pourquoi se refuser de partir par peur de subir de la violence si l’on peut se faire malgré tout harceler dans un quotidien tout ce qu’il y a de plus banal.

Cette agression a donc beaucoup chamboulé ma vie, déjà c’était la première fois que j’étais réellement confronté à de la violence gratuite et puis elle m’a prouvé que où que l’on soit et quelque soit la vie que l’on mène, il y a des danger, alors pourquoi s’empêcher de vivre comme l’on souhaite, pour une peur qui n’a donc pas lieu d’être !?

Bien à toi