Mes ressentis·Non classé

Léna

Aujourd’hui je te parle d’elle, malgré le fait que l’on ait dû se séparer, ce voyage, je lui dois en grande partie. Ce que je vais dire n’est que mon point de vue et que mon ressenti, aucunement une description objective d’elle.

Lorsqu’on passe autant de temps avec une personne, pratiquement 24h/24, alors qu’avant nous ne nous connaissions pas, je pense que ça crée des liens étranges, d’autant plus en voyage. Je ne peux pas dire que ce que je ressens envers Léna est de l’amitié, c’est tellement plus fort et si différent, mais ce n’est pas de l’amour non plus, j’en vois venir certain.e.s. En fait il n’y a pas de mot, car c’est un lien où la confiance est le maître mot, et le respect aussi. La confiance, car entre ses mains que je me remettais entièrement lorsque je paniquais. Tout au long des 2 semaines passées avec elle, j’ai aussi apprit à la respecter entièrement, car elle a toujours réussi là où j’echouai, elle gardait le moral là où je ne l’avais plus, et elle avait le sourire lorsque j’avais envie de pleurer. Être deux, c’est tellement être complémentaire en voyage. Malgré que notre voyage ensemble fut bien vite raccourci, je pense que je n’en garderais que le meilleur.

Être avec elle, avait un côté sacrément rassurant, certes j’avais moins de liberté, mais je ne l’ai pas ressenti, je ne le ressens que maintenant que je suis seule.

Sans elle, je ressens bien plus souvent la peur, comme elle me l’avait dit, dès 17h, si je n’ai pas de lieu pour dormir, je commence à paniquer… En réalité sa présence m’était rassurante.

Et si je te parlais d’elle, Léna a le courage que je n’ai pas, elle a le culot de s’imposer aux autres, elle sait se mettre sur la défensive si besoin, et je suis sûre qu’elle sait se sortir de toute situation. En fait je crois que sans elle j’ai horriblement peur… Je suis devenue une voyageuse trouillarde, seulement peut être pour quelques jours mais trouillarde malgré tout.

Elle m’a apprit tellement de choses, moi qui ai fait le choix de partir comme ça, en voyage, un peu sur un coup de tête. Je n’y connaissais rien au voyage, et elle m’a offert son expérience. C’est elle, qui m’a apprit à manger en quantité nécessaire lorsque qu’on pédale toute la journée, je pense que sans elle, je ne mangerais pas assez. C’est elle qui m’a apprit à demander à manger, à boire, ou même l’hébergement, c’est sous son regard que j’ai fait ma première demande dans une boulangerie, c’était sa faim qui m’a poussé à le faire, cette faim qui est aussi devenue la mienne. C’est parce que je sentais qu’elle avait besoin d’un lieu calme et serein que j’ai prit pour la première fois le téléphone pour appeler un inconnu et lui demander l’hébergement, parce que je sentais qu’elle n’avait pas le moral, je voulais que lorsqu’elle revienne, nous aurions un logement, objectif réussi. C’est elle qui m’a prouvé que même dans les côtes, c’est possible de pédaler, il faut croire en ses capacités physiques, c’est le moral qui y tient le rôle le plus important. Elle m’a apprit qu’il est toujours possible d’aller plus loin que les limites de notre corps, celles que l’on croit avoir atteint alors qu’il n’en n’est rien. Elle m’a aussi donné envie de me lancer dans le voyage, avant de parler avec elle, j’avais déjà le projet, mais je ne me voyais pas le concrétiser, j’en parlais à tout le monde, mais cela me semblait bien trop abstrait pour être vrai, elle a fait passer mon projet de rêve à réalité. Et c’est surtout elle qui m’a donner la force de continuer ma route, malgré la solitude, c’est aussi elle qui me booste quand je dis ne pas oser faire des demandes seule. Demander quand on voyage seule, c’est faire une demande de quelque chose, uniquement pour soi, c’est un geste entièrement égoïste, alors que lorsqu’on était deux, je demandais, pour moi mais avant tout pour elle. Je crois que c’est là ma difficulté actuelle, faire une demande rien que pour moi. Faire quelque chose qui ne soit réellement que pour moi, et pour moi seule.

Aujourd’hui je me rends compte que vivre avec elle ce voyage était aussi un moyen de faire exister chaque instant de les rendre plus réels et concret. Seule, tout ces moment ne m’appartiennent qu’à moi, ce ne sont que mes souvenirs qui permettrons de les faire vivre, avec elle je savais qu’on était deux à pouvoir les faire vivre.

C’est elle aussi qui m’a prouvé que l’on peut surmonter ses peurs, que se soit sur une route à grande vitesse, celle d’une simple araignée, ou encore celle de parler à des inconnu.e.s. En sa présence, j’ai surmonté toute ces peurs, peut être que seule aussi, je n’en sais rien, en tout cas ce que je sais, c’est qu’aujourd’hui parler à un.e inconnu.e ne me terrifie plus, voir une araignée ne me fait plus paniquer, et surtout j’ai reprit une grosse route sans me mettre à pleurer.

Léna, tu fus une rencontre inattendue, mais qui m’a tellement donné confiance, en moi, en le voyage, en les autres et surtout en la vie.

Merci Léna, merci à toi pour ces deux semaines passées à tes côtés, merci à toi pour tout ce que tu m’as apporté, et surtout merci d’avoir répondu par hasard à mon annonce sur le routard. Je sais que tu ne liras pas ses lignes, et c’est en partie ce que j’espère, car je n’écris pas pour toi, mais pour moi, pour garder indéfiniment ancré en moi, cette reconnaissance que j’éprouve à ton égard. Savoir que tu pourrais lire ces lignes m’inquiètes car ce ne sont que des mots, des mots qui m’appartiennent et qui sont loin d’exprimer ce que réellement je voudrais te dire.

C’est à toi que je dois ce voyage, et à qui je dois ce que je deviens, cette femme que je n’étais pas il y a encore quelques semaines, et qu’aujourd’hui je suis. Merci pour tout Léna, et je sais que tu finiras par faire ton tour du monde, que ce soit en vélo, en voilier ou en stop, je sais que dans 3 ans, tu seras à l’autre bout de la terre et que tu ne reviendras pas avant 12 ans. Puisque telle est ton rêve, je te souhaite de le réaliser. Juste promet moi que prendre toujours soin de toi !

Je sais que c’est un article tout décousu mais j’ai écrit comme ça venait, je ne voulais pas me mettre de censure ou être d’en l’obligation de modifier mes écrits, cela risquerait de faire perdre le sens premier des mots….

Bien à toi

Non classé·Pas à pas

L’Evénement Declancheur

La violence verbale est la première étape de la violence générale contre les femmes.”
Isabelle Alonso

Aujourd’hui je vais vous parlez de ce qui m’a donné de courage de concrétiser ce projet. Depuis déjà bien des années, ce rêve est là, il me suit et je savais qu’un jour j’allais le mettre à exécution. Mais je repoussais toujours la date butoir, au début, c’était une fois que j’aurai mon bac, puis une fois que j’aurai assez d’argent, puis une fois que j’aurai mon master.

J’avais envie de le réaliser, mais ça me terrifiée tellement que je trouvais des excuses pour ne pas aller jusqu’au bout. Mais cette année tout à changeait, je ne supportais plus les cours, y aller était un vrai calvaire, je ne me voyais pas continuer un an encore. Je veux mon master, car je sais que je veux devenir psychologue, mais une pause ne me fera que du bien. Ce n’est pourtant pas ce raz le bol qui m’a poussé à le lancer, il y eu un évènement qui a accéléré les choses, un évènement qui m’a tellement travaillé qu’il a tout précipité !

C’était un soir de semaine, où rien ne sortait réellement de l’ordinaire, je rentrais en tramway de l’aide au devoir, que je donnais à des enfants de quartier, et je me suis faite agressée. Une agression presque banale, je dirais. Un groupe de jeune qui avaient bien trop bu sont rentrés dans la rame. J’étais un peu isolée dans la rame, ils ont commencé à me draguer, puis m’insulter, puis à faire des choses obscènes avec leur corps, et à essayer de mettre leurs mains sur moi !

J’étais terrifiée, bref plus de peur que de mal, ce n’est pas aller plus loin, mais j’ai été sous le choc durant un certain temps. Puis j’ai pris conscience que si je pouvais me faire agresser dans mon petit quotidien, ce n’est donc pas plus dangereux de se lancer dans un projet fou. Pourquoi se refuser de partir par peur de subir de la violence si l’on peut se faire malgré tout harceler dans un quotidien tout ce qu’il y a de plus banal.

Cette agression a donc beaucoup chamboulé ma vie, déjà c’était la première fois que j’étais réellement confronté à de la violence gratuite et puis elle m’a prouvé que où que l’on soit et quelque soit la vie que l’on mène, il y a des danger, alors pourquoi s’empêcher de vivre comme l’on souhaite, pour une peur qui n’a donc pas lieu d’être !?

Bien à toi