Non classé·Septembre

C’est Complexe

Aujourd’hui, je tenais à m’excuser pour l’article d’avant, je n’arrive ni à le modifier où à faire quoi que ce soit ! Je pense que sur du long terme faire vivre ce blog sera plus une contrainte pour moi qu’un plaisir, à voir où cela me mènera, mais c’est vrai que sans internet… C’est assez complexe, sans batterie aussi !

Sinon vendredi 13, journée super dur, physiquement mais aussi moralement. Heureusement que j’avais rejoins ma compagne de voyage, je n’aurais sans doute pas tenu le coup seule. Déjà nous étions fatiguée de nos jours intensifs pour se rencontrer, mais aussi nous avions toute deux des problèmes mécaniques. Il fallait à tout prix que je trouve une chaîne pour changer la mienne, car la réparation faite par les Allemands m’empêché de changer mes vitesses, et pour elle, il fallait qu’elle change ces deux roues à cause d’un chemin pour le moins non praticable. Nous avions donc prévu d’aller à Decathlon, et de trouver rapidement un endroit pour poser notre tente. Les choses ne vont jamais comme prévues, ne l’oublies pas. Une fois le matériel acheter, nous pensions trouver vite un coin tranquille, mais avec la chaleur et la fatigue nous avons pas vu que nous tournions en rond, et sans jamais trouver de coin sympa pour dormir. Alors voilà à 17h nous étions de retour à orange, désemparée de notre journée, sans avoir réparer quoi que se soit et sans eau potable. De quoi nous mettre un moral à 0. Finalement nous avons trouver le courage de traverser le Rhône (en poussant nos vélo car le mal de crâne du au manque d’hydratation nous mettait en danger.) De ce côté du Rhône, nous avons trouvé un petit coin, très sympa où nous avons planté la tente et dormit, non loin des chasseurs, pas rassurant !

Nous nous sommes réveillées dans la bonne humeur, pnous avions trouvé un logent pour le soir même, non loin d’où nous étions. Parfais, journée repos très agréable. Nous avons prit le temps de faire plus ample connaissance et c’est vraiment une personne formidable, qui à une belle vision des choses et de la vie en général. Le soir nous étions dans une famille qui accueillait aussi un norvégien, mais sans eux, car ils avaient une soirée. Nous avons beaucoup parlé anglais mais c’était une belle rencontre. Le lendemain, départ prevu assez tôt, finalement nous sommes parties tard et en direction du pont du Gard. Nos hôtes nous avaient conseillé un petit spot au bort du Gardon. Toutes motivées nous sommes parties, vite rattrapé par un col, dur d’aller en haut pour nos pauvres jambes pas encore formées et notre endurance pas du tout présente. Mais nous sommes arrivées en haut fière, ce qui nous a permit de faire une belle descente. Après quelques galères, nous faisons le choix de ne pas aller voir le pont du Gard mais de directement aller nous poser pour dormir. Après une arrivée tardive, et une bonne baignade, nous sommes appelées, c’est avec surprise que nous retrouvons nos hôtes de ce matin.

La nuit fût belle, le matin, très matinal (6h), l’eau de la rivière très froide pour une douche, mais il fallait à tout prit que l’on fasse vaisselle mais aussi entretien des vélos. Pour ma part, les réparations de la chaîne ne suffisaient pas et je ne pouvais pas passer toute les vitesses. Ce fut plus long que prévu, j’arrivais avec surprise à changer une chaine mais mon dérailleur n’en faisait qu’à sa tête, mais j’ai eu raison de lui et nous voilà 3 heures après sur les routes. Premier objectif, trouver à manger, nous avons fait le choix de ne rien acheter et depuis hier soir, nous n’avions rien mangé. Première boulangerie, première etape, qui demande ?! Pleine de motivation, je me lance, la dame est très accueillante mais refuse. Nous continuons et visitions le pond du Gard, trop touristique à notre goût. Nous repartons bien vite la faim au ventre, pour nous arrêter de nouveau dans une ferme, j’essaie de parler, mais je ne sais pour quelles raisons j’ai paniqué, mais Léna a prit le relais. Et nous voilà reparties avec 3 beaux melons, nous en mangeons un aussitôt, fières de nous. Nous voilà repartis. Notre chemin fut long et assez complexe mais nous atterissons enfin à Fontvieille, un petit village tout mignon, nous n’avons pas la foi de chercher un endroit pour poser notre tente. Nous nous installons devant un Intermarché, et je décide d’aller demander à la mairie. Là bas on me conseille de demander à l’église, je m’y rends mais ni devant ni dans la cure il n’y a quelqu’un. Je repars un peu déçus. Arriver sur le parking où Léna était, je la retrouve avec un grand sourire, elle a réussi à obtenir, des tomates, des bananes des madeleines, des cookies et une baguette. Nous faisons le choix de retourner à l’église. Il y a un panneau avec les numéros des prêtes. Je décide d’appeler, ça ne coûte rien. Je suis tombée sur un diacre adorable qui m’a donné plein de numéro. J’en appelle deux, et cela est suffisant pour trouver l’hébergement dans une famille de paysan, qui nous invite même à leur repas. La suite je vous la raconterai plus tard je dois aller manger !

Le repas était super bon, l’ambiance super agréable, très familial, il y avait du monde à table, ça me rappelle des souvenirs. C’est une famille que je me rappellerais je pense, pour leur générosité, la famille Rebuffat, qui à adopté 3 enfants, qui donne plus que ce qu’ils ont et qui accueille tout ceux qui demandent.

Le lendemain nous repartons, les yeux pétillants de leur gentillesse et générosité, direction Arles, nous allons y arriver. En chemin nous croisons une énorme abbaye, celle de Montjour que nous décidons d’aller visiter si possible. Au premier abord nous sommes déçues, il faudrait payer. Finalement dans les tarifs nous voyons que c’est gratuit pour les moins de 25 ans, c’est parfait. C’était une belle visite, qui nous à un peu coupé notre rythme de vélo, nous avons galérer à monter les marchés par manque d’habitude et nous avions l’impression qu’à chaque pas nous allions tomber. Marcher n’est vraiment plus notre quotidien ! Nous en avons prit plein les yeux. Et nous voilà repartis toute motivée pour Arles. Arrivée là bas on se perd un peu, mais avec un bon gps on s’y retrouve vite ! Nous voilà à l’Office de tourisme où l’on aimerait laisser nos bagages pour visiter mais impossible, il y a trop de risque d’attentat… Nous allons tenter à l’église, au presbytère mais rien toujours la même phrase, cela peut-être dangereux. Nous décidons d’aller de nouveau à Decathlon, faire des investissements utiles qui nous ruines un peu, et faisons le choix de nous poser dans un camping, pour deux jours au moins nous y laisserons nos bagages et pourrons visiter Arles sans soucis.

Le camping est plus cher que prévu, Léna a déjà dépensé tout ce qu’elle avait prévu, mais tient malgré tout à payer. C’est sûrement une des dernières fois où l’on se paye ce luxe, car le voyage sans argent en prend cher. Alors on profite, de l’eau à volonté, de la douche chaude, du calme et surtout de la piscine.

Ah oui, j’oubliais mais depuis quelques jours, nous nous faisons harceler par les moustiques, ça gratte de partout, parfois cela devient même invivable.

Aujourd’hui (mercredi 18) gros coup dur, je n’ai même pas envie de vous raconter la journée… Nous avons apprit que pour Léna, c’est sûrement la fin de l’aventure, elle doit cesser pour des raisons familiales. Je suis tellement triste pour elle, déçu aussi de n’avoir partagé que si peu avec elle, c’est vraiment une personne formidable. Je ne sais pas trop encore où j’en suis, je ne sais pas si je vais continuer l’aventure seule, j’y ai tellement prit de plaisir de le partager avec elle. Je me rend compte que j’ai de la chance de l’avoir rencontré, nous avons les mêmes visions du voyage et c’est vrai qu’être avec elle est sacrément rassurant. Elle a le culot pour beaucoup de choses et n’a que très rarement peur (parfois un peu trop), un jour je vous ferrais un article rien que sur elle, sur ce qu’elle m’a apprit, et enseigné, et ce que je retiens d’elle.

Pour le moment, ça nous fends le coeur, et à elle, et à moi de finir ainsi. Heureusement, il y a eu Cecilia qui nous a remonté le moral, jamais je ne lui dirait suffisamment merci. Nous nous sommes arrêtées à une boulangerie en fin de journée pour demander de quoi manger, elle nous a donné 2 fougasse, 4 pizzas, 2 beignets au sucre et un beignet au chocolat. Elle nous a offert le sourire, le réconfort, et un petit moment de répit dans nos inquiétudes respectives.

Il y a bien longtemps que je n’ai pas écrit ! Les deux jours à Arles étaient agréables, c’était simple et on c’est bien reposée. Jeudi nous avions prévu une journée toute petite (10km), pour aller jusqu’à Miramas, où Léna connaissait quelqu’un qui pouvait nous accueillir. Mais il en fut autrement, nous voulions commencer par aller voir le marché d’Arles, qui malheureusement n’etait pas présent nous avons alors décidé de voir la mer. Alors nous voilà toute contentes parties en direction du sud. Première difficulté, nous prenons une route indiquée par le GPS qui est barrée. Qu’importe, nous voulions aller à la mer, nous irions. Nous nous engageons dans la route qui est très agréable, sans voiture et assez bien entretenue. Mais après quelques minutes bien agréable, première difficulté, la route est barrée par une usine étrange qui semble abandonnée, toute clôturée. Léna part en repérage, si on fait le tour de l’usine la route continue de l’autre côté. Mais faire rouler nos vélo dans l’herbe, avec de beaux chardons nous rassure pas, mais nous n’avons pas le choix. Arrivées de l’autre côté nous rejoignons finalement une route en circulation. C’est avec surprise que l’on remarque que l’usine n’est pas abandonnée. Étrange… Nous continuons, nous avons hâte de voir la mer. La route est agréable, jusqu’à un parc naturel que le GPS nous indique qu’il faut traverser, sur un sentier plus où moins indiqué. Sûr de nous, nous nous y engageons. Le paysage est magnifique, nous nous croyons dans la savane, toute désertique et aride. Après un petit temps nous commençons à pâtir du chemin et surtout des gros cailloux qui s’y trouve. Plus on avance et moins nous avons l’impression de pouvoir sortir de ce parc. Il est midi, et nous sommes dans unes zone désertique, rien de mieux pour de bons coups de soleil… Après une longue route qui nous paru une éternité, nous croisons une rivière, étonnant dans ce lieu si aride. Nos genoux nous font mal, les fesses souffrent, nous avons de plus en plus peur pour les vélos, mais nous n’avons pas le choix d’avancer. Finalement nous trouvons enfin une sortie ! Soulagée ! Soulagée ? La route que nous indique le GPS est une nationale, les grosses nationales où les voitures roulent à 130 km/h… J’hésite, après l’avoir traversé, je demande à Léna s’il n’y aurait pas d’autre route, mais il faut se rendre à l’évidence, nous n’avons pas le choix. Au début, c’était faisable, les voitures et surtout les camions nous doublés sur l’autre voie. Mais c’était trop simple, nous nous sommes retrouvées au milieu de travaux, la route se rétrécit en une voie et sans bas côté. Léna se sent de continuer, pour ma part, c’est inenvisageable, nous ne pouvions pas rouler sur la route au milieu des camions sans qu’ils aient la possibilité de nous doubler, même sur 500 mètres… Seul solution, traverser la route pour aller dans l’herbe. Léna traverse assez facilement, mais pour ma part, je ne peux me résoudre à traverser. J’ai conscience que je n’ai pas d’autre choix mais je suis terrifiée, je vois Léna de l’autre côté qui m’encourage, je vois les camions d’en face qui s’arrête pour me laisser passer. C’est plus fort que moi, je suis pétrifiée et j’y arrive pas. Je cherche en vain une autre solution, je sais qu’il n’en existe pas, il faut que je traverse. Ne me demandez pas comment j’y suis arrivée mais j’ai fini par passer de l’autre côté. C’est les larmes aux yeux que je pousse mon vélo, je suis horrifiée mais il faut avancer. À la fin des travaux, il faut de nouveau traverser, mais c’est bien plus faisable. Nous cherchons désespérément une sortie à cette route, mais la prochaine est loin. Nous nous arrêtons alors sur une aire de repos. Léna est très rassurante et essaie de tout faire pour qu’on sorte le plus vite. La faim commence à se faire sentir. Il est 14h, et nous n’avons toujours pas mangé, nous voulons sortir de là avant. Après encore une heure de route dans cette situation très inquiétante, nous sortons, enfin ! À ce moment là je me rends côté que mon pneu de devant est totalement à plat. Nous trouvons un petit parc très mignon, où l’on mange les pizzas de Cécilia, et où je repars mon vélo. Pendant ce temps Léna cherche une route pour retourner à Miramas, nous n’avions plus envie de voir la mer,et nous voulions finir cette journée au plus vite. Mais la seule route envisageable était de nouveau la nationale, c’était pas imaginable. Ares de multiples recherches, nous trouvons un chemin de terre qui nous fait éviter cette maudite route, tant pis pour nos vélos, nous reprenons des chemins de terre. C’en est trop pour mon vélo, une sacoche avant lâche, j’essaie de la remettre comme je peux mais elle retombe aussitôt. Je n’en peux plus, j’essaie de l’attacher tant bien que mal sur le porte bagage mais rien n’y fait elle tombe… Je m’énerve, en plus je ne peux plus poser mon vélo, la béquille à lâché elle aussi. Je ne sais plus quoi faire et je suis à bout. Heureusement Léna propose de prendre les affaires dans ses sacoches. Je fini par mettre la mienne en bandoulière. J’étais bien déséquilibrée, mais qu’importe je voulais finir cette journée. Nous devons de nouveau pousser nos vélos, le chemin est impraticable. Finalement nous recroisons une route, mais je n’ai plus de force et plus l’envie. Heureusement Léna m’encourage, va à mon rythme (qui doit être bien inférieur au 10km/h…). Arrivé à Miramas, incapable de trouver la maison, le GPS indique n’importe où… Léna gère et nous finissons par trouver. Merci à elle pour cette journée, elle a tout prit en main et a été tellement rassurante à mon égard, jamais je ne pourrais suffisamment la remercier. Merci Léna !

Ambiance assez étrange chez les personnes, malgré leur bienveillance et nous sommes assez contente d’en repartir le matin, en aillant trouvé un lieu pour le weekend. Marion (ma meilleure amie) nous accepte chez elle, malgré qu’elle n’y soit pas. Nous avons la perspective d’un appartement rien que pour nous pour un weekend, parfait, il prévoit tempête pour dimanche.

Un petit point réparation s’impose, trop de chose déraille sur mon vélo, la béquille, une sacoche, le frein avant, la pompe, et aussi ma sonnette qui est tombée en plein milieu d’une roue. Finalement à par mettre du scotch sur ma sacoche pour qu’elle tienne, je ne peux rien faire de plus. Nous repartons sur les roues et nous arrêtons sur le bord d’une immense étendu d’eau qui fait penser à la mer, mais ce n’est qu’un lac. Il n’empêche que le paysage est magnifique. Nous nous y arrêtons pour manger. En direction de Aix en Provence nous rencontrons un col, par très intense, mais long. J’ai du mal à suivre le rythme. Arrivées à Aix, nous retrouvons les joies de la ville, les bouchons, conduite super fatigante, et c’est dur d’arriver à avancer sans avoir à slalomer entre les voitures. Finalement nous arrivons où nous indique le GPS, mais ce n’est pas le bon endroit. Avec l’aide des colocataires de Marion, nous trouvons. Elles nous accueillent adorablement chez elles, malgré leur gêne à notre égard. Elle nous propose même de sortir avec elle, nous refusons, trop fatiguées. Nous avons alors l’appartement pour nous. Léna en profite pour faire de la vrai cuisine et moi je vais prendre une bonne douche. C’est agréable de sortir de la salle de bain et de sentir une si bonne odeur. Léna est une très bonne cuisinière (mieux que moi mais ce n’est pas très compliqué !)

Bien à toi

Non classé·Septembre

Jour J

« Si je roule à vélo, c’est uniquement parce que je n’ai pas trouvé quoi faire avec un vélo. »
Philippe Geluck dans Le Chat

Aujourd’hui c’est le grand jour, comme je ne pense pas que ce soir, je prendrais le temps de te raconter ma première journée, nous allons l’imaginer ensemble.

Elle va commencer par une nuit bien mouvementée, et peu reposante je suppose. Puis je vais me lever, la boule au ventre, sans doute que je déjeunerai avec maman, je n’oserai pas la regarder, ni même lui parler, elle non plus. Tout en silence, elle se lèvera pour aller au travail, comme tout les matins, sauf qu’aujourd’hui ce n’est pas un matin normal. Elle s’approchera de moi, la larme à l’oeil, à ce moment là, je n’aurai plus envie de partir. Elle me prendra dans ses bras, et se mettra à pleurer, j’essaierai de retenir mes larmes mais se sera une peine perdue. Nous resterons, comme ça, l’une dans les bras de l’autre, en pleurs durant un petit moment, et tout en silence, elle s’éloignera, jusqu’au moment où elle entamera les recommandations « Ne te laisses pas mourir de faim » « Sois prudente sur la route « Donnes moi des nouvelles régulièrement » « Ce soir je veux savoir où tu dors », et elle continuera à me donner des conseils, qu’elle sait que je respecterai. Je ne répondrai rien, bien incapable de dire un mot. Elle, elle aura besoin de me les dire, elle pensera que ses mots appaiseront son inquiétudes, et surtout enlèveront tout les dangers.

Finalement, elle ira en direction du garage, je ne la suivrai pas, je n’arriverai pas à passer le pas de la porte, alors que la suivrai du regard, les yeux remplis de larmes et le cœur gros. Une fois dans sa voiture, je n’entendrai pas le moteur démarrer, parce qu’elle n’aura même pas mit les clé sur le contact, elle pleurera à chaude larme, je detournerai sans doute le regard, cherchant à ignorer que la cause de ces larmes sont mon départ, que c’est pour moi qu’elle pleure autant. Et voilà que finalement, j’entendrai partir sa voiture sans que je la regarde s’en aller.

A partir de ce moment, il me faudra plus d’une heure pour me remettre de mes émotions. J’agirai comme un robot, je prendrai ma dernière douche chaude, puis finirai mes bagages. Je préparai mon sandwich que maman a prévu pour moi et je serais enfin prête à y aller. Je chercherai mon chat pour lui dire au-revoir, je la trouverai endormi dans la paille, je n’aurai sans doute pas le cœur à la réveiller alors je la regarderai juste dormir pendant quelques minutes.

Puis je ne ferai pas un pas, bien trop incapable de me lancer enfin dans cette grande aventure. Finalement ma sœur arrivera, elle accélérera la situation. Avec elle, les au-revoir seront bien plus simple, juste un tendre câlin, un sourire et quelques recommandations que l’on se fera l’une envers l’autre. J’irai en direction de mon vélo, ma sœur me suivra sans doute avec son mari. Je leur dirai un dernier « au-revoir » et je lancerai le premier coup de pédale, le premier d’une longue série. Je verrais ma sœur retenir son chien, qui bien sûr voudra courir après mon vélo.

Je serai dans un état second, agissant comme sur un mode automatique, mon cerveau vide de toutes pensées me fera pédaler pendant quelques kilomètres, jusqu’à ce que je revienne à la réalité, je serai en train de le faire.

À ce moment-là, je prendrai conscience de la chose, sur la route il n’y aura que moi et mon vélo et je sentirais un vent de liberté. Mes pensées se mettront à naviguer, à penser à ces personnes, mes amis, ma famille, mon entourage que je laisse, à ceux qui n’ont rien pour cette année à venir et dont je m’inquiète, ceux qui m’ont fait autant de recommandation que maman, ceux encore qui me prenne pour une super-héroïne, ceux aussi que j’ai perdu de vue, mais auxquels je pense toujours. Puis mes pensées dériveront jusqu’à toi, je t’imaginerai lire ces lignes, qui ne reflètent sans doute pas la réalité de la situation, les aventures ça ne se passe jamais comme prévu.

Je regarderais autour de moi, mon cœur sera lourd mais je sentirai le bonheur en moi. Soudain je commencerai à avoir faim, ou à ressentir la fatigue, alors je m’arrêterai, dans un endroit calme, pour manger mon sandwich, peut être en trempant les pieds dans la Drôme, je ne sais pas si je serai à côté d’elle mais se serait trop bien. J’enverrai un message à maman et peut être à quelques amis

Je reprendrai la route, l’esprit bien moins torturé, en aillant l’impression d’être à ma place. Je profiterai enfin de regarder le paysage, observer cette nature sans qui nous ne serions rien.

Soudain je prendrai conscience que la nuit va commencer à arriver, il va falloir que je trouve un endroit pour dormir. Première inquiétude, vais-je trouver un lieu pour dormir ?

Finalement je trouverai un petit camping municipal, très peu cher, j’y installerai ma tente, mon lit, ma nouvelle maison. J’enverrai un message à maman pour lui dire où je serai, lui parlerai de tout et de rien, peut être même que je l’appellerai. Je me mettrais sans doute à écrire ensuite, à moins que j’aille prendre une douche, en tout cas je saurai m’occuper les mains pour m’occuper l’esprit.

À ce moment-là, je refuserai encore de réaliser la situation dans laquelle je serai. Puis je me préparai des pâtes, ces même que maman m’avait acheté la veille. J’irai faire la vaisselle, je sentirai alors des douleurs le long de mes jambes mais aussi au niveau des fesses, au dos et même aux bras, demain j’aurai des courbatures.

Puis je me mettrai au lit, épuisée de ma journée, qui physiquement fut dur, mais aussi psychologiquement. Je n’arriverai sans doute pas à trouver le sommeil, comme la nuit dernière, je tournerai sans trouver une bonne position. Qu’importe je suis dans un rêve.

Je ne t’es pas écrit tout ce qu’il pourrait se passer, ni je ne t’ai fait le pire scénario, il se pourrait qu’il y ait crevaison, chute, pluie ou je ne sais quoi d’autre. Une chose est sûre, à l’heure où tu lis ces lignes je seras partie de la maison, totalement paniquée mais au fond de moi tellement heureuse.

Je réalise un rêve, je réalise mon rêve.

Bien à toi

Non classé·Pas à pas

Demain

« Nous sommes des oiseaux de passage, demain nous serons loin. » Proverbe tzigane


Je pars bientôt, le départ approche bien vite, il arrive, c’est demain que je mets les voiles ! Finalement, j’ai fait le choix de partir plus tôt que prévu, car l’attente était insupportable. Je passe mes journées à attendre que les jours s’accélère, c’était devenu invivable, pour moi mais aussi pour mon entourage. Cette attente fait remonter toutes mes inquiétudes, toutes mes peurs et tout mes doutes, je suis devenue une boule de nerf, tout ça parce que j’attends de pouvoir enfin prendre mon vélo et partir.

Demain je suis sur les routes, demain à la même heure, je pédalerai sûrement ! Je ne réalise pas encore l’énormité de la situation, je n’ai pas encore pris conscience de la chose, j’ai l’impression que plus le temps passe et moins je réalise ce qu’il va se passer demain.

Demain c’est le début d’un rêve, demain, c’est le premier jour d’un long voyage, je l’espère. Je n’ai pas de mot pour décrire l’état dans lequel je suis, je n’ai même pas envie de les chercher. Je suis bien, je suis bien mais au fond de moi l’inquiétude grandit, je suis impatiente mais en même temps je redoute ce moment fatal, je suis surexcitée, mais elle est aussi là pour cacher ma tristesse des au-revoir. J’ai envie de partir sans dire au-revoir, c’est très égoïste et je ne le ferais pas, mais je sais très bien que ma mère va pleurer, et que je ne vais pas non plus en être loin. Je n’aime pas ça, je n’ai pas envie de cette étape, je souhaite juste partie le plus vite possible pour éviter ce mal-être.

Demain je pars pour l’inconnu et je suis horrifiée.

Demain je pars pour l’aventure et je suis impatiente.
Demain je pars pour un périple et je ne veux pas revenir en arrière.
Demain je pars.

Bien à toi

Non classé·Pas à pas

Le Stress

Ah le stress, le stress… Chez moi, il s’exprime de plein de manières différentes, et je crois que peu à peu, toutes se declanchent. J’ai la mâchoire qui se crispe, de l’eczéma aux mains, des mycoses aux pieds, je fais de nombreuses crises d’angoisse, et ce matin je me suis réveillée avec le nez en sang. Je pense que ce n’est pas la dernière manifestation de mon angoisse.

Quel chance de m’inquiéter autant pour ce départ ! Oui un départ, ce n’est pas tout beau tout rose. Ce n’est pas que l’excitation de partir, la joie de concrétiser son rêve, l’impatience de se mettre en route, mais c’est aussi la peur de ne pas y arriver, l’inquiétude de n’être pas à la hauteur, et surtout les au-revoir… Depuis quelques temps, lorsque je quitte quelqu’un, ce n’est plus les au-revoir « lambda » mais ce n’est que des « bon courage », « tiens-nous au courant », « fais attention à toi » etc. et parfois des larmes… Je ne sais pas comment réagir dans ces situations, je suis mal à l’aise de mettre mon entourage dans cette position, et à chaque fois, je me sens de plus en plus égoïste de partir ainsi !
C’est le mois de la rentrée pour la plupart des personnes et c’est la première rentrée que je ne ferais pas ! C’était mon quotidien durant des années, et j’ai fait le choix de changer ces habitudes. C’est étrange d’entendre tout le monde parler de ça, alors que pour la première fois de ma vie, cela ne me concerne pas !

Le jour J approche, je le sens de plus en plus, j’ai hâte en même temps qu’être terrorisée, parfois je me dis que se serait plus simple de partir maintenant sur un coup de tête, mais je reviens à la réalité, je ne peux pas partir sans dire au revoir à mon entourage ! Le voyage est là.

Bien à toi

Non classé·Pas à pas

La Date Approche

Les départs ne comptent pas, seuls les retours méritent une larme.” Christian Mistral


La date du départ approche, j’ai tellement hâte mais aussi, je suis totalement paniquée. Je stresse et mon corps me le fait bien sentir… Ça va faire 3 jours que je ne peux plus manger correctement, j’ai tellement peur que je crispe ma mâchoire à tel point que j’ai très mal lorsque je mâche, même pour du saucisson, imagines le désastre !
Tout est prêt et prévu pour le grand jour, je pars le 15 septembre, en direction de Montpellier, où je vais rejoindre ma compagne de voyage. Ensuite, ensemble nous allons faire le choix de notre première destination, et voir au mieux notre organisation qui pour le moment n’est que peu défini.

Eyota (mon vélo) est enfin chargée, il ne lui manque que quelques détails, mais rien d’élémentaire.

Je ressens le départ, tout le monde me fait ses « adieux », tou.te.s me disent de faire attention, certain.e.s pleurent, d’autres m’ordonnent de donner des nouvelles, je n’aime pas vraiment cette période… J’ai l’impression de les abandonner et ça me brise le cœur, mais j’ai tellement hâte de prendre le large que parfois tout ceci me passe au dessus.

Bientôt je te montrerais Eyota chargée. Pour le moment cela m’est compliqué, c’est vraiment concrétiser encore plus ce projet, et j’ai peur !

Bien à toi

Non classé·Pas à pas

L’Evénement Declancheur

La violence verbale est la première étape de la violence générale contre les femmes.”
Isabelle Alonso

Aujourd’hui je vais vous parlez de ce qui m’a donné de courage de concrétiser ce projet. Depuis déjà bien des années, ce rêve est là, il me suit et je savais qu’un jour j’allais le mettre à exécution. Mais je repoussais toujours la date butoir, au début, c’était une fois que j’aurai mon bac, puis une fois que j’aurai assez d’argent, puis une fois que j’aurai mon master.

J’avais envie de le réaliser, mais ça me terrifiée tellement que je trouvais des excuses pour ne pas aller jusqu’au bout. Mais cette année tout à changeait, je ne supportais plus les cours, y aller était un vrai calvaire, je ne me voyais pas continuer un an encore. Je veux mon master, car je sais que je veux devenir psychologue, mais une pause ne me fera que du bien. Ce n’est pourtant pas ce raz le bol qui m’a poussé à le lancer, il y eu un évènement qui a accéléré les choses, un évènement qui m’a tellement travaillé qu’il a tout précipité !

C’était un soir de semaine, où rien ne sortait réellement de l’ordinaire, je rentrais en tramway de l’aide au devoir, que je donnais à des enfants de quartier, et je me suis faite agressée. Une agression presque banale, je dirais. Un groupe de jeune qui avaient bien trop bu sont rentrés dans la rame. J’étais un peu isolée dans la rame, ils ont commencé à me draguer, puis m’insulter, puis à faire des choses obscènes avec leur corps, et à essayer de mettre leurs mains sur moi !

J’étais terrifiée, bref plus de peur que de mal, ce n’est pas aller plus loin, mais j’ai été sous le choc durant un certain temps. Puis j’ai pris conscience que si je pouvais me faire agresser dans mon petit quotidien, ce n’est donc pas plus dangereux de se lancer dans un projet fou. Pourquoi se refuser de partir par peur de subir de la violence si l’on peut se faire malgré tout harceler dans un quotidien tout ce qu’il y a de plus banal.

Cette agression a donc beaucoup chamboulé ma vie, déjà c’était la première fois que j’étais réellement confronté à de la violence gratuite et puis elle m’a prouvé que où que l’on soit et quelque soit la vie que l’on mène, il y a des danger, alors pourquoi s’empêcher de vivre comme l’on souhaite, pour une peur qui n’a donc pas lieu d’être !?

Bien à toi

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La Chance

« La vie est une chance, saisis-là »
Mère Teresa

Beaucoup me dise chanceuse de me lancer ainsi, corps et âme dans un projet qui me tient à coeur, chanceuse de pouvoir avoir les moyens de me lancer dans ce périple, chanceuse de pouvoir me permettre de partir un an « sans rien faire de ma vie » et surtout chanceuse d’avoir le courage de me lancer !

Aujourd’hui j’ai envie de te dire que tout cela n’a rien à voir avec de la chance. Non c’est faux il y a une grande partie de la chance, celle d’être née en France, ma mère n’a pas besoin que je rapporte de l’argent pour subvenir à ses besoins, j’ai des amis, une famille qui m’écoute, même s’ils ne sont pas tous d’accord avec ce projet, et j’ai surtout de la chance de n’avoir pas eu besoin de prêt pour mes 3 premières années d’étude. J’ai cette chance là, et ça de plus en plus je remercie le ciel de connaître cette chance. Pour le reste il n’y a aucune chance, je prends juste le culot de le faire. Je n’ai aucune ressource financière, si ce n’est l’argent que je me suis fait en travaillant l’été et les week-ends, que je mettais de côté depuis 3 ans, ne m’autorisant que peu de folie. Malgré le fait de m’être serré ma ceinture, ce n’est pas un gros pactole, mais mon projet peut suivre mon budget si je ne dépasse pas les 5€ par jour, j’ai confiance, je peux y arriver ! Mon matériel je l’ai acquis peu à peu, je n’ai investi que dans très peu de chose, j’ai surtout beaucoup récupéré à droite et à gauche. Le courage de me lancer, je ne l’ai pas vraiment, si tu savais le nombre de nuit que j’ai passé à regretter de n’avoir postulé à aucun master, où je n’arrive pas à dormir, terrifiée à l’idée de concrétiser ce rêve, mais ces nuits ne sont rien contrairement à celle où j’imagine ce voyage, et surtout à tout ces moments où je construis peu à peu mon projet.

Je ne me définis pas comme une chanceuse, pour le moment j’ai plus l’impression d’être une inconsciente qui se lance les yeux fermés et les mains liées du haut d’une falaise. Je suis pétrifiée, mais j’ai l’espoir que la corde qui me retient sera assez solide pour résister au choc. Et si par malheur cette corde viendrait à céder, je sais qu’il y a toujours des cordes de sécurité, celles qui viennent de mon entourage.

Oui je suis chanceuse de pouvoir me donner les moyens de faire ce rêve, mais je suis persuadée que tu as aussi au fond de toi les moyens pour réaliser tes rêves, même les plus fous, fermes les yeux, ne réfléchis plus et saute. Le plus dur c’est de se mettre en action, si la chute est trop douloureuse, remets toi entre les mains de l’humanité des personnes, parce que je suis persuadée que si l’on demande, de l’aide peut nous être fournit, et qu’avec de l’envie, tout est possible !

Bien à toi